— Publié le 31 octobre 2014

Une finale France/Corée pour le Mondial féminin 2019

Candidatures Focus

Ils partirent à quatre. Ils ne seront finalement que deux. La Corée du Sud et la France ont déposé, jeudi 30 octobre au siège de la FIFA, à Zurich, leur dossier de candidature à l’organisation du Mondial féminin de football en 2019. Les deux pays sont donc déjà finalistes. La course se trouve réduite à deux postulants après le retrait de l’Angleterre et de la Nouvelle-Zélande, qui avaient pourtant manifesté clairement leur intention de se lancer dans la bataille.

A moins de six mois du choix de la FIFA pour l’attribution de l’événement, prévu lors du comité exécutif du mois de mars 2015, les candidats ont marqué leurs différences. La délégation française (notre photo) s’est présentée en force, jeudi matin à Zurich. Surtout, elle affiché sa mixité. Noël Le Graët, le président de la FFF, était accompagné pour ce déplacement de Brigitte Henriques, secrétaire générale de la Fédération, et du sélectionneur des Bleues, Philippe Bergeroo. De son côté, la délégation de la Corée du Sud était conduite par Mong Gyuchung, le président de la Fédération coréenne de football. Pour la petite histoire, la Corée du Sud a remis son dossier la première, suivie de peu par la France.

Noël Le Graët n’en fait pas mystère: la règle non écrite de l’alternance des continents, de moins en moins respectée pour les grandes compétitions mondiales, joue en faveur du dossier asiatique. Il a estimé que si la FIFA décidait de “faire tourner les continents”, la France n’aurait “pas une chance extraordinaire”, après l’organisation du Mondial 2011 en Allemagne, avant celui de 2015 au Canada. “Mais notre dossier est fort et ce ne sera peut-être pas le critère que prendra en compte la FIFA”, a-t-il suggéré.

Précision: l’organisation du Mondial féminin 2019 est couplée avec celle d’un autre tournoi féminin estampillé FIFA, la Coupe du Monde des moins de 20 ans en 2018. Un package à accepter en totalité, sous peine de s’exclure de la course.

Rompus à l’exercice, les deux présidents ont insisté auprès de Sepp Blatter et Jérôme Valcke sur le soutien sans faille de leur gouvernement respectif au projet. “Nous avons un soutien très fort de notre chef d’État” (le président sud-coréen Park Geunhye), a assuré Mong Gyuchung, avant d’expliquer que l’organisation du Mondial en 2019 “contribuerait grandement à développer le football féminin en Corée du Sud.”

Noël Le Graët, lui, a laissé parler Patrick Kanner, le ministre français des Sports, convié plus tard dans la journée à une conférence de presse au siège parisien de la FFF. “La candidature a tout le soutien de l’État et du gouvernement, a assuré le ministre. Nous avons des marges de progression dans la féminisation du sport en France. Vu que j’ai aussi une casquette de ministre de la Ville, je sais aussi que le sport féminin est un élément central de la politique d’intégration. Nous avons une vraie expertise en termes d’organisation d’événements sportifs, ce sont des investissements pour l’avenir.”

Entre les deux, Sepp Blatter s’est bien gardé d’afficher une quelconque préférence. Tout sourire, le président de la FIFA a fait part de sa “satisfaction de voir ces deux grandes nations du football concourir pour l’organisation de ces deux compétitions féminines”. Avant d’ajouter: “Ces deux pays ont récemment organisé la Coupe du Monde masculine, la France en 1998 et la Corée – en collaboration avec le Japon – en 2002. J’ai toujours été derrière le football féminin, c’est donc formidable pour moi de voir que leur intérêt se tourne désormais vers les compétitions féminines.”

Le dossier français comportera neuf stades, à choisir parmi 11 sites: Auxerre, Grenoble, Le Havre, Lyon, Montpellier, Nancy, Nice, Paris (stade Jean Bouin), Reims, Rennes et Valenciennes. Le match d’ouverture et la finale seraient prévus dans le nouveau stade de Lyon. Le budget s’élèverait à environ 40 millions d’euros. Le Mondial des moins de 20 ans 2018, lui, se déroulerait entièrement en Bretagne.