INTERVIEW - 28/06/2016

Mohammed BELMAHI

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Trente-troisième épisode: le Marocain Mohammed Belmahi, président de la Fédération royale marocaine de cyclisme, membre du Comité directeur de l’Union cycliste internationale (UCI).

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif?

Mohammed BelmahiJ’ai pratiqué le cyclisme et le taekwondo depuis mon jeune âge. Après avoir  obtenu la 3ème dan dans cette dernière discipline, j’ai été élu président délégué, puis en 1999 président, de l’Union africaine de taekwondo. J’ai ensuite poursuivi ma carrière de dirigeant dans l’autre de mes deux passions, le cyclisme. En 2008, j’ai remporté l’élection à la présidence de la Fédération royale marocaine de cyclisme. En septembre 2013, j’ai été élu au Comité directeur de l’UCI, où j’ai la responsabilité du para-cyclisme et du Collège arbitral du sport. Enfin, j’ai activement participé à partir de 2010 à la création de l’Union francophone de cyclisme (UFC), qui regroupe aujourd’hui 56 pays de l’espace francophone.

Quel est aujourd’hui votre rôle?

Je préside la Fédération royale marocaine de cyclisme depuis deux olympiades. Mais, au delà des fonctions et des rôles, ce sont les principes et les actes qui m’intéressent. Pour moi, réussir en sport, s’impliquer dans une démarche sportive, consistent avant tout à parler un langage franc.

Que représente à vos yeux la francophonie sportive?

J’ai toujours considéré le sport comme un facteur de bien-être, une recherche de l’épanouissement de la jeunesse, une forme d’équilibre entre les forces vives des nations. Les vertus de dépassement de soi, de courage, de volonté, l’envie de se battre dignement pour gagner, de réussir en privilégiant l’esprit d’équipe, le respect de l’autre, des juges, et des règles… Toutes ces vertus et ces valeurs sont recherchées par l’esprit même de la francophonie sportive et son idéal culturel et linguistique. C’est pourquoi j’aspire à ce que le sport francophone soit le mieux représenté possible dans les compétitions olympiques. Au sein de l’Union francophone de cyclisme, la « Petite Reine » constitue un réseau d’entraide entre toutes les fédérations de cyclisme de l’espace francophone.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio 2016?

J’attends des Jeux de Rio 2016 l’affirmation d’un cyclisme de plus en plus présent dans tous les domaines de la vie et de la société: l’éducation, la santé, la culture, les loisirs, l’environnement, l’économie, les transports… Notre discipline a pris une importance croissante dans la société au cours de ces trois dernières décennies. Les Jeux vont lui donner l’opportunité de le démontrer. Sur un plan plus personnel, j’attends que le cyclisme  francophone réalise les meilleurs résultats possibles, et que l’Afrique remporte enfin une médaille olympique dans les disciplines cyclistes.

Les valeurs et la pratique du sport peuvent-elles, selon vous, favoriser le « vivre ensemble »?

Le sport n’est pas seulement un divertissement ou la quête d’une meilleure santé. Il participe également à l‘intégration des jeunes dans la société, au renforcement du sentiment d’appartenance à une communauté locale ou nationale, à l’affirmation de l’expression identitaire… Pour moi, il peut grandement contribuer à l’éducation globale, à l’accès à la compétence et à la culture. Enfin, la promotion du sport par les pouvoirs publics offre une occasion de choix de concrétiser et d’appliquer les principes du développement durable. Je suis intiment convaincu que, grâce au sport, le « vivre ensemble » est largement possible.

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