INTERVIEW - 13/06/2016

Benjamin BOUKPETI

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Trente-et-unième épisode: le Togolais Benjamin Boukpeti, membre de la commission des athlètes de l’Association des comités nationaux olympiques africains (ACNOA)

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif

Benjamin Boukpeti: J’ai mis fin à ma carrière d’athlète aux Jeux de Londres en 2012 (il avait été médaillé de bronze olympique en kayak monoplace slalom quatre ans plus tôt à Pékin). En mai 2013, j’ai rejoint la commission des athlètes de l’ACNOA. Mais mon engagement dans le mouvement sportif remonte à mes années dans le canoë-kayak. En 2006, j’ai commencé à m’impliquer dans l’association Amadonsa, dont le programme consistait à faire côtoyer des athlètes de haut niveau avec les jeunes des townships d’Afrique du Sud. En 2008, j’ai renforcé mon engagement en m’impliquant dans la partie développement, avec les camps multisports au Togo. Enfin, je suis engagé aux côtés de l’association Shapers, en tant que représentant puis comme président. A ce titre, j’ai accompagné des athlètes de haut niveau, français et francophones, et leur environnement.

Quel est aujourd’hui votre rôle?

Je suis membre de la commission des athlètes de l’ACNOA. Une commission présidée par le Sénégalais Amadou Dia Ba. Je suis responsable de la zone 3, où est regroupée une demi-douzaine de pays d’Afrique de l’ouest, dont le Ghana, le Togo, le Bénin, le Niger… Nous faisons en sorte que tous les comités nationaux olympiques africains se dotent d’une commission des athlètes. Et nous animons ce réseau. Il est important de donner du poids aux athlètes dans le mouvement olympique africain, en leur permettant notamment de voter. Au niveau national, je travaille actuellement à la constitution d’une commission des athlètes au comité olympique du Togo. Nous en sommes à la rédaction des statuts.

Que représente à vos yeux la francophonie sportive?

En Afrique, il s’avère qu’on se regroupe et s’organise plus facilement entre francophones. Mais j’ai toujours eu une approche des choses qui accordait peu d’importance aux distinctions linguistiques. Pour moi, le langage commun reste celui du sport.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio 2016?

A titre personnel, j’en attends beaucoup car je suis candidat à la commission des athlètes du CIO. Aux Jeux olympiques de Rio, j’espère être élu par mes pairs qui sont tous les athlètes participants aux épreuves de cet événement. J’aimerais que les athlètes africains aient conscience de l’existence d’une commission des athlètes, surtout au niveau de l’ACNOA. Elle est là pour les aider en dehors des Jeux. J’aimerais qu’ils réalisent à quel point il est nécessaire qu’ils aient une vraie présence dans le mouvement olympique, pas seulement par leurs médailles.

Les valeurs et la pratique du sport peuvent-elles, selon vous, favoriser le « vivre ensemble »?

Je suis de nature à parler positivement : « respecter des règles, les règles du jeu, soi-même et les autres ». Ces règles simples permettent à chacun de s’exprimer, de se libérer et de jouer tel qu’il est. Les joueurs, les athlètes, se retrouvent ainsi entre hommes et femmes, tout simplement. Cette simplicité permet bien souvent de créer du lien, de se retrouver soi même et de découvrir les les autres.

 

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