INTERVIEW - 08/04/2016

Zehour GUIDOUCHE

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Vingt-deuxième épisode: l’Algérienne Zehour Guidouche, directrice des sports du Comité national olympique algérien

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif ?

Zehour Guidouche: J’ai débuté comme athlète. Je jouais au handball, j’ai été internationale algérienne entre 1970 et 1984. Puis je suis devenue entraîneur, notamment pour l’équipe nationale féminine, entre 1995 et 1997. Parallèlement, j’ai mené des études d’ingénieur en pétrochimie. J’ai décroché mon diplôme, mais je ne l’ai jamais utilisé. En 2003, j’ai été intronisée au Comité national olympique algérien, comme personnalité féminine. Deux ans plus tard, j’en suis devenue la directrice des sports.

Quel est aujourd’hui votre rôle?

Depuis plus de dix ans, je dirige le service des sports du Comité olympique algérien. A ce titre, j’ai été nommée responsable du programme sportif des Jeux Méditerranéens en 2021 à Oran. Je devrais également occuper un poste équivalent aux Jeux Africains de la Jeunesse à Alger en 2018.

Que représente à vos yeux la francophonie sportive?

Au Comité olympique algérien, nous communiquons en français. Mais l’anglais est en train de prendre une importance croissante dans la communication au sein du mouvement sportif international. Je suis en charge du courrier électronique au CNO, une fonction qui me permet de voir que les échanges et les documents se font de plus en plus dans une seule langue, l’anglais.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio 2016?

Nous en sommes aujourd’hui à 57 sélectionnés olympiques pour l’Algérie. Nous espérons arriver à présenter une délégation d’environ 70 athlètes, dont 18 pour le football. Nous avions 61 sélectionnés aux Jeux de Pékin en 2008, puis 46 quatre ans plus tard à Londres. J’espère que Taoufik Makhloufi (champion olympique du 1500 m en 2012) pourra encore décrocher une médaille. Nous plaçons aussi quelques espoirs sur notre équipe de boxe.

Les valeurs et la pratique du sport peuvent-elles, selon vous, favoriser le « vivre ensemble »?

En Algérie, je vois de plus en plus de familles choisir le sport comme moyen d’éducation pour leurs enfants. Elles les accompagnent sur les terrains sportifs. Dans le passé, ça ne se voyait pas. Mais ces familles cherchent autre chose que le football, une discipline devenue ces dernières années un véritable défouloir. Elles sont à la recherche de sports différents, pour faire évoluer leurs enfants et leur enseigner des valeurs de partage. Mais notre offre, en Algérie, reste encore insuffisante pour répondre à leurs attentes.

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