INTERVIEW - 23/02/2016

Laurent PETRYNKA

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Seizième épisode: le Français Laurent Petrynka, président de la Fédération internationale du sport scolaire (ISF)

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif international?

Laurent Petrynka: Mon parcours a connu deux étapes, l’une française, l’autre internationale. La première a été assez classique. J’ai été enseignant en EPS, puis formateur à l’université, et enfin inspecteur de l’éducation physique et sportive. Cette trajectoire très diversifiée a conduit le Ministère à me proposer, en 2010, de devenir directeur de l’UNSS (Union nationale du sport scolaire). Cette nomination a donné le départ de mon parcours international. En 2010, je suis entré au comité exécutif de la Fédération internationale du sport scolaire (ISF). Quatre ans plus tard, son président italien ayant décidé de ne pas se représenter, on m’a proposé de déposer ma candidature. J’en ai été élu président, à l’unanimité, en juin 2014.

Quel est aujourd’hui votre rôle?

La première mission de l’ISF est d’organiser tous les ans une vingtaine de championnats du monde scolaires, sur les cinq continents, pour des jeunes athlètes venus de toute la planète. Nous en attribuons l’organisation. En ma qualité de président, je consacre également beaucoup de temps à rencontrer les pouvoirs publics, les gouvernements, pour les inciter à accorder une place au sport dans leur système éducatif. J’ai un rôle d’ambassadeur du développement du sport à l’école. Tous les pays n’ont pas intégré cette donné sportive. L’Albanie, par exemple, vient seulement de créer sa première fédération du sport scolaire.

Que représente à vos yeux la francophonie sportive?

Il est important de mettre le français en valeur, j’en suis convaincu. Mais nous ne devons pas opposer le français à l’anglais. Il ne s’agit de défendre l’un par rapport à l’autre. L’anglais s’est imposé comme la langue la plus parlée dans les réunions des instances sportives internationales. C’est un fait. Mais j’utilise le français dans le lobbying, au bon sens de ce terme. Il est important que les francophones s’allient et forment des alliances, car les autres le font, anglophones ou représentants de l’Europe de l’est par exemple. Enfin, le français nous aide au sein de l’ISF à nous développer sur le continent africain. Deux nouveaux pays, la Côte d’Ivoire et le Cameroun, viennent d’adhérer à la Fédération. Ils seront chargés de développer l’ISF en Afrique francophone.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio en 2016?

L’un des objectifs de notre nouveau plan d’actions, la « Vision 2030 » de l’ISF, est d’être présents sur les grands événements sportifs internationaux. Dans ce sens, j’essaye de convaincre leurs organisateurs de mettre en place des manifestations, avant ou après, destinées à la jeunesse. L’Euro 2016 de football le fera, avec un tournoi international scolaire regroupant 25 pays, à Lille et à Lens. J’ai proposé au CIO de relayer notre initiative sur les Jeux olympiques.

Les valeurs et la pratique du sport peuvent-elles, selon vous, favoriser le « vivre ensemble »?

Bien sûr. L’étranger fait peur tant qu’on ne l’a pas rencontré. A l’ISF, nous épreuves permettent aux jeunes d’aller à la rencontre des autres. Nous organisons, dans le cadre des championnats du monde scolaires, des journées culturelles, des soirées des nations. Le vivre ensemble est concret. Je crois que la jeunesse est très marquée par ces moments-là. Une conscience politique se construit souvent très jeune.

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