INTERVIEW - 11/12/2015

Patrick GILLMANN

Ils sont dirigeants, experts, entraîneurs, journalistes ou athlètes. Ils ont en commun non seulement une fonction ou un engagement dans le mouvement sportif international, mais également une langue, le français. A leur manière, ces hommes et femmes font vivre et grandir la francophonie sportive. FrancsJeux vous les présente, chaque semaine, jusqu'aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Une série proposée en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Sixième épisode: le Calédonien Patrick Gillmann, vice-président de la Fédération internationale de tennis de table (ITTF)

FrancsJeux: Quel a été votre parcours dans le mouvement sportif international?

Patrick Gillmann: J’habite en Nouvelle-Calédonie depuis une quarantaine d’années. Peu de temps après mon arrivée, j’ai créé un club de tennis de table, à Koumac, au nord de l’île. Après 4 ans d’existence, il pointait au 12ème rang français en nombre de licenciés. Une année, nous avons même organisé dans cette ville d’à peine 1 000 habitants les championnats d’Océanie de tennis de table! En 1993, le président de l’ITTF, le Japonais Ichiro Ogimura, m’a demandé de créer une fédération calédonienne. La France s’y est opposée, avant de se raviser et nous permettre ainsi de rejoindre l’ITTF. En 2003, je suis devenu le premier dirigeant non australien ou néo-zélandais à présider la Fédération océanienne de tennis de table. Une fonction que j’ai abandonnée après 10 ans de mandat, pour accepter en 2013 la vice-présidence de l’ITTF.

Quel est aujourd’hui votre rôle?

Je mène en parallèle deux missions pour le compte de l’ITTF. La première concerne les juniors. Je suis en charge du suivi du programme mondial de cette catégorie d’âge. Une mission qui m’amène à beaucoup travailler, actuellement, sur la diminution du coût des compétitions juniors, car il devient difficile de trouver des organisateurs. Mon deuxième dossier touche aux relations entre l’ITTF et l’Océanie, notamment sur les questions de marketing et de développement.

Que représente pour vous la francophonie sportive?

La Nouvelle-Calédonie est un peu isolée, sur le plan linguistique, au milieu d’un continent largement dominé par les pays anglophones. Avec Tahiti, nous sommes la vitrine de la francophonie en Océanie. Nous nous serrons les coudes, avec les Polynésiens, pour marquer notre présence. La Fédération calédonienne fait également partie de la Francophonie pongiste, mais les distances nous interdisent souvent d’assister aux réunions de cette organisation.

Qu’attendez-vous des Jeux de Rio en 2016?

Aux Jeux de Rio, j’aurai un double regard. Je suivrai le parcours des pongistes océaniens, mais le continent sera sans doute représenté par des joueurs australiens ou néo-zélandais. Dans le même temps, je n’oublie pas mes origines et je supporterai la prestation des pongistes français. J’espère que la France, et plus largement l’Europe, pourront enrayer un peu la domination chinoise sur le tennis de table.

InterviewsVoir toutes les interviews