— Publié le 3 janvier 2020

L’Indonésie, une candidature en forme olympique

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Les Jeux d’été en 2032 sont-ils déjà joués ? Les Australiens l’espèrent. Et ils sont nombreux, dans le mouvement olympique, à parier quelques billets sur la victoire du dossier porté par l’état du Queensland.

Mais un îlot de résistance refuse l’évidence. Il est situé en Asie, où la victoire de Pékin pour les Jeux d’hiver en 2022 a fini de convaincre les plus sceptiques que tout était toujours possible dans l’univers olympique. Candidate déclarée aux Jeux d’été en 2032, l’Indonésie croit en ses chances. Le pays entend profiter des Jeux de Tokyo 2020 pour mener campagne.

A la tête du projet, Raja Sapta Oktohari. A 44 ans, l’homme d’affaires originaire de Jakarta, fils d’un leader politique, vivra en juillet et août à Tokyo ses premiers Jeux dans son nouveau costume de président du comité national olympique. Il voit grand. Et il le dit.

Raja Sapta Oktohari l’a expliqué au premier jour de l’année à la presse de son pays : il projette de construire un « village indonésien » aux Jeux de Tokyo 2020. Il servira tout à la fois de vitrine et de quartier-général pour la candidature de Jakarta aux Jeux de 2032.

Le nouvel homme fort du sport indonésien a fait part de son projet à Thomas Bach, à la fin du mois de décembre, à l’occasion de sa visite au siège du CIO à Lausanne. Le dirigeant allemand lui aurait accordé son feu vert. Il aurait également reçu l’accord du comité olympique japonais.

« Nous ferons campagne et nous pourrons montrer une image de ce que sera l’Indonésie en 2032, a expliqué Raja Sapta Oktohari. Aujourd’hui, je suis assez confiant dans nos chances d’organiser les Jeux d’été en 2032. En collaboration avec nos autorités politiques, dont les ministères des Sports et du Tourisme, nous allons construire un village de l’Indonésie à Tokyo. »

A l’évidence, l’Indonésie n’entend pas jouer profil bas. La candidature olympique a obtenu le soutien du président de la République, Joko Widodo. Le chef de l’Etat a signé de sa main une lettre d’intérêt envoyée en février dernier à Thomas Bach. Elle insistait sur la réussite des Jeux Asiatiques 2018, organisés à Jakarta et Palembang. Un événement présenté comme un tremplin pour accueillir les Jeux olympiques et paralympiques dans l’archipel.

Face à l’Australie, l’Indonésie apparaît aujourd’hui comme un lointain outsider. Son influence dans le mouvement olympique reste limitée. Le pays présente certains risques, notamment climatiques. Pour un grand nombre d’observateurs, sa capacité à organiser un événement de la taille des Jeux apparaît encore incertaine.

Il n’empêche, les Indonésiens ne partent pas battus d’avance. Ils espèrent profiter de la réforme du processus de sélection des villes-hôtes. Préparée par John Coates, l’un des leaders de la candidature du Queensland, elle semble taillée sur mesure pour le dossier australien. Mais Raja Sapta Oktohari l’explique : « Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un concours, mais d’une aide proposée par le CIO. Nous allons pouvoir échanger avec lui de façon intense et fréquente. Pour réussir, nous aurons besoin de tout le soutien du peuple indonésien. »

A ce stade de la course, le CIO se garde bien d’annoncer la moindre date quant à sa décision. Mais elle ne devrait pas intervenir avant, au plus tôt, l’année 2021.

L’organisation olympique se réserve également le droit de choisir un vainqueur sans lui opposer d’adversaire direct, ou au contraire de laisser ses membres choisir entre deux ou plusieurs finalistes. Tout reste possible. Seule certitude : la campagne battra déjà son plein, en juillet et août 2020, pendant les Jeux de Tokyo.