Institutions - 03/10/2019

Dopage, chaleur, surf : Thomas Bach répond à tout

Thomas Bach n’a jamais craint de sauter d’un fuseau horaire à un autre. Le président du CIO sait aussi passer avec la même aisance d’une année ou d’une olympiade vers la suivante. La dernière réunion de la commission exécutive, bouclée jeudi 3 octobre à Lausanne, en a apporté une nouvelle illustration.

En deux jours, le dirigeant allemand et son « gouvernement » ont balayé sans craindre les maux de tête l’actualité de la semaine, préparé l’année à venir et projeté leurs regards sur la prochaine décennie.

L’immédiat, pour commencer. Il porte un nom : Alberto Salazar. Le cas de l’ex marathonien à l’origine du Nike Oregon Project, suspendu quatre ans par l’agence américaine antidopage, n’entre a priori pas vraiment dans le spectre de la commission exécutive du CIO. Mais ses membres se sont emparés du sujet, cette semaine à Lausanne, persuadés d’avoir un rôle à jouer dans la suite de l’histoire.

Thomas Bach l’a expliqué jeudi 3 octobre : le CIO va envoyer un courrier à l’Agence mondiale antidopage (AMA) afin d’obtenir des détails « sur les questions qui restent ouvertes » concernant une affaire qui a enveloppé d’une mauvaise odeur les Mondiaux de Doha.

« Nous allons demander des précisions à l’AMA pour savoir combien d’athlètes ont été l’objet d’une enquête, a expliqué Thomas Bach. Est-ce que le dossier couvre toute la période de l’existence du projet ou seulement une partie ? Est-ce que certains résultats aux Jeux olympiques auraient pu être directement ou indirectement affectés ? »

Dans la foulée, sans quitter l’éternel dossier dopage, Thomas Bach a annoncé que le CIO souhaitait ne plus conserver pendant une période de 10 ans que les seuls prélèvements effectués aux Jeux, mais également ceux provenant de tests menés avant l’événement olympique. A l’évidence, le temps n’est pas encore révolu où les résultats des épreuves olympiques resteront gravés dans le marbre.

« Nous voudrions que cela s’applique aussi aux tests précédant les Jeux, effectués par l’Agence de contrôle internationale (ITA), afin de renforcer l’effet dissuasif », a détaillé Thomas Bach, cité par l’AFP.

Le futur proche, maintenant. Les Jeux de Tokyo 2020. Avec, en tête de rayon, le sujet le plus régulièrement évoqué au cours des derniers mois : la chaleur. Thomas Bach l’a confié au terme de la deuxième journée de la réunion de la commission exécutive : les Japonais ont pris l’initiative de demander conseil aux fédérations internationales sur la façon de prévenir les risques liés aux fortes températures.

Un questionnaire a été envoyé à chacune d’entre elles. Précision : la démarche a été effectuée avant les Mondiaux d’athlétisme à Doha. Thomas Bach explique : « Il y a une détermination du comité d’organisation des Jeux de Tokyo à bénéficier de l’expérience des fédérations. » Le président du CIO s’est déclaré confiant à la perspective que l’IAAF réponde au questionnaire et partage son expérience de Doha.

L’avenir plus lointain, enfin. Les Jeux de Paris 2024. Le dossier n’était pas à l’ordre du jour, mais Thomas Bach en a évoqué l’un des sujets en conférence de presse : le choix du site des épreuves de surf. Après avoir suggéré que la question « concernait le COJO » et qu’il lui fallait « évaluer les cinq candidatures », Thomas Bach a accepté de se mouiller.

« Si deux candidats, ou plus, présentent les mêmes qualités sportives, personnellement, je préférerais l’option qui, géographiquement, est la plus proche du centre d’action pour que les athlètes puissent profiter de l’ambiance générale des Jeux, faire partie des Jeux, a suggéré Thomas Bach, cité par l’Equipe. C’est mieux que les spectateurs et les visiteurs puissent profiter de toute la gamme des Jeux. »

A l’évidence, l’option Tahiti n’est pas la plus appréciée du côté de Lausanne. Reste à savoir quelle influence « l’opinion personnelle » du président du CIO aura sur la décision finale des organisateurs parisiens. Dans le passé, elle a souvent compté.

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