Événements - 15/07/2019

Pour Tokyo 2020, les Japonais devront rester chez eux

Les Japonais n’en font pas mystère : la circulation des véhicules et des piétons s’annonce comme l’un des défis les plus complexes à relever pendant les Jeux de 2020. Le grand Tokyo recense une population de 35 millions d’habitants. Une foule d’usagers des transports en commun et du réseau routier qui sera gonflée l’an prochain par les centaines de milliers de visiteurs olympiques.

Les Japonais le savent. Et ils s’y préparent. Dès la semaine prochaine, une vaste opération de simulation du transport sera organisée à Tokyo, en marge des festivités prévues pour célébrer J – 1 an avant l’ouverture des Jeux d’été.

Elle doit débuter lundi 22 juillet. Au menu, un test grandeur nature des mesures envisagées par le gouvernement métropolitain et le comité d’organisation des Jeux pour réguler le transport. L’affaire est sérieuse. Elle s’annonce massive.

Selon les estimations, la circulation sur la voie express métropolitaine, un axe majeur du transport des véhicules, devrait être deux fois plus dense que la normale. Pour éviter tout risque de congestion, les organisateurs espèrent réduire le trafic de 10% sur les routes locales et jusqu’à 30% sur les voies rapides.

Comment ? Pas simple. Ces prochaines semaines, le gouvernement métropolitain va tester le télétravail. A grande échelle. Pas moins de 20 journées de semaine, entre le 22 juillet et le 2 août 2019, puis du 19 au 30 août, seront soulignées d’un trait épais dans tous les services de l’administration locale. Il sera demandé à 10 000 employés de ne pas se rendre ou bureau, ou au pire de le faire en horaires décalés.

Tout au long de la semaine prochaine, du lundi 22 au vendredi 26 juillet, les salariés du gouvernement de Tokyo seront priés de ne pas utiliser les trains ou les autobus le matin entre 8 h et 10 h.

Dans le même temps, pas moins de 2 800 employés de l’administration devront se mettre au télétravail le 24 juillet, un an pile avant la cérémonie d’ouverture des Jeux. La même opération sera répétée lors de trois vendredis classés rouges, les 26 juillet, 2 août et 23 août. En incluant les salariés en vacances, le nombre de personnes se rendant au bureau pourrait être réduit d’un tiers au cours de ces quatre journées présentées comme cruciales pour la réussite des Jeux.

Dans l’administration centrale, 10 % du personnel se mettra au télétravail entre le 22 juillet et le 2 août.

Sur les autoroutes, la simulation olympique et paralympique prévoit la fermeture de quatre échangeurs, dont un situé près du village des athlètes, les 24 et 26 juillet.

Dans un pays où le succès des Jeux de 2020 est élevé au rang de cause nationale, le secteur privé ne devrait pas faire faux-bond. Pas moins de 1 900 entreprises japonaises, dont Toyota, ont promis de s’associer à l’opération menée au cours des prochaines semaines. Elles ont prévu de réduire les déplacements domicile-travail de leurs salariés, et de modifier les dates et les itinéraires de livraison des marchandises.

Analyse très pragmatique d’un haut fonctionnaire du gouvernement métropolitain, cité par l’agence Jiji Press : « Nous ne saurons jamais si nous n’essayons pas. » Très juste.

Les résultats du test grandeur nature réalisé cette année seront disséqués dès la rentrée. En cas d’échec, voire de bilan trop mitigé, un nouveau train de mesures pourrait être envisagé. Il s’annonce plus dissuasif. Un taxe de 1 000 yens (environ 8 euros) pourrait être imposée aux véhicules privés circulant sur les autoroutes pendant la période des Jeux.

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