Événements - 11/07/2019

A Gwangju 2019, la Corée du Nord reste encore au sec

Tout est prêt à Gwangju. La ville sud-coréenne, connue dans le mouvement sportif pour avoir organisé l’Universiade d’été en 2015, s’apprête à recevoir l’élite de la natation internationale. Elle accueille les Mondiaux 2019, du 12 au 28 juillet.

A la veille de l’ouverture, le maire de Gwangju, Lee Yong-sup, se met en quatre pour assurer le succès de l’événement. Il répète sans lassitude les chiffres d’une compétition censée recevoir 15 000 athlètes, officiels et journalistes. Il rappelle que l’organisation des Mondiaux a coûté l’équivalent de 170 millions d’euros, soit environ 5% du budget des Jeux d’hiver de PyeongChang 2018. Il précise que le village des athlètes, un ensemble d’appartements réhabilités destiné à héberger 6 000 personnes, sera proposé à la vente au grand public une fois les Mondiaux terminés.

Tout est prêt, donc. A un détail près, mais il est d’importance : la Corée du Nord n’a toujours pas confirmé sa présence. Sportivement, le voisin ne pèse pas lourd. Mais son absence ne serait pas sans conséquence.

Le slogan des Mondiaux, « Plongez dans la paix » (Dive into peace), en dit long sur la dimension politique de l’événement. Dans une ville passée à la postérité pour avoir été le théâtre du soulèvement de Gwangu en mai 1980, un mouvement étudiant et syndical d’opposition à la dictature au pouvoir, il est toujours apparu comme une évidence que les Mondiaux de natation marquerait une nouvelle étape dans le rapprochement des deux Corée.

Seul ennui : les Nord-Coréens ne sont pas là. Et rien n’indique aujourd’hui qu’ils se montreront dans l’une ou l’autre des piscines de Gwangju.

Officiellement, la date d’inscription des nageurs est passée. Elle avait été fixée par la FINA au 3 juillet 2019. A cette date, la Corée du Nord n’avait pas rempli la moindre demande d’accréditation. Mais la FINA a consenti une exception, autorisant la Corée du Nord à se manifester jusqu’à l’ouverture de l’événement, vendredi 12 juillet.

Le maire de Gwangju, par ailleurs président du comité d’organisation, le répète comme un refrain à chacune de ses interventions médiatiques : « Nous avons invité l’équipe nord-coréenne par divers canaux, y compris le gouvernement et la FINA. Nous avons officiellement demandé la participation par l’intermédiaire du ministère de l’Unification et du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme. Do Jong-whan, alors ministre des sports, a remis une invitation officielle en mon nom au ministre des Sports nord-coréen lors d’une réunion au siège du Comité international olympique à Lausanne le 15 février. »

Bel effort. Mais encore sans résultat. Les organisateurs sud-coréens expliquent avoir prévu la présence d’une équipe nord-coréenne dans leur plan d’occupation du village des athlètes. Plusieurs chambres leur sont réservées. Un package de billets est également mis de côté à leur intention.

Lee Yong-sup le martèle : « Le sport doit dépasser les idéologies politiques. Nus croyons que les liens tissés par le sport peuvent conduire à la paix. Nous attendons les Nord-Coréens, les citoyens de Gwangju les attendent, la FINA les attend. »

Leur absence ne constituerait pas seulement une déception pour les organisateurs des Mondiaux de natation. Elle marquerait également un coup d’arrêt à la tentative des deux voisins de la péninsule d’avancer du même pas vers une candidature commune aux Jeux d’été en 2032.

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