Institutions - 24/08/2018

Pour Los Angeles 2028, un départ qui laisse un vide

Les temps sont durs pour le comité olympique américain (USOC). Secoué par la tempête de l’affaire Larry Nassar, il enregistre depuis le début de l’année plusieurs départs. Et pas les moindres.

Scott Blackmun, son directeur exécutif, a quitté le navire au mois de février. Lisa Baird (photo ci-dessus), sa directrice du marketing, vient de l’imiter. Elle rend les clefs de son bureau.

A la différence de celui Scott Blackmun, affaibli par la maladie et mis en cause dans le scandale Nassar, le départ de Lisa Baird n’était pas attendu. La New-yorkaise, entrée à l’USOC en 2009, après être passée par la NFL, IBM et General Motors, venait de rejoindre la nouvelle entité créée par le comité olympique et par le comité d’organisation des Jeux de Los Angeles 2028 pour mettre en place et vendre le programme de marketing des Jeux. Elle devait en assurer la direction. Avec elle, une trentaine de salariés de l’USOC ont suivi le mouvement, avec pour mission de ramener la somme record de 2,5 milliards de dollars dans les caisses de LA 2028.

Lisa Baird n’en sera pas. Installée à New York, elle devrait occuper une fonction de direction au marketing de la radio publique NPR. « Je suis très attachée à New York, a-t-elle expliqué. Et je crois que cette ville, comme l’ensemble des Etats-Unis, ont plus que jamais besoin des médias du service public. »

Pour LA 2028, et plus encore pour l’USOC, le départ de Lisa Baird vers un horizon moins sportif résonne comme une mauvaise nouvelle. Depuis son arrivée dans le paysage du mouvement olympique américain, elle a redonné des muscles et du souffle au marketing de l’USOC. En 2008, ses comptes affichait des recettes estimées à 94 millions de dollars. Au terme de la dernière olympiade, à la fin de l’année 2016, ils en étaient à 131 millions. En huit ans, sous l’ère Lisa Baird, l’USOC a donc vu son programme marketing enregistrer une hausse de près de 30%.

A son arrivée, l’USOC et le CIO se livraient une guerre sans merci sur le partage des recettes des Jeux. La candidature de Chicago 2016 en avait payé le prix, sévèrement battue par Rio de Janeiro malgré la présence et le soutien de Barack Obama. Depuis, les deux parties ont renoué le dialogue.

Lisa Baird a fait entrer dans la place une poignée de nouveaux partenaires, dont Nike, BMW, Ralph Lauren et Procter & Gamble. Elle a également fait affaire avec trois des membres du programme TOP du CIO, Visa, Toyota et Bridgestone. Costaud.

Pour LA 2028, le coup est rude. Casey Wasserman, le président du comité d’organisation, ne s’y est pas trompé. Il s’est fendu d’un communiqué, assurant que « l’inestimable expérience et le sens du leadership de Lisa Baird avaient profité à notre organisation, depuis le lancement de la candidature jusqu’à la création en début de mois de l’entité marketing de LA 2028. »

Casey Wasserman l’a reconnu : « Elle a accompli un boulot incroyable, et je suis vraiment désolé à titre professionnel de la voir partir ». La suite ? Obscure. Lisa Baird quittera ses fonctions le 7 septembre, après avoir assuré une forme de transition avec la nouvelle équipe. L’USOC et LA 2028 lui cherchent déjà un remplaçant. Pas simple.

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