Institutions - 02/07/2018

Pour le CIO, le jeu forcé de la transparence

Le CIO avait promis la transparence. Il tient parole. Lundi 2 juillet, l’organisation olympique a rompu avec sa tradition du secret en publiant sur son site Internet un document jusque-là réservé à quelques poignées de privilégiés: le contrat de ville-hôte des Jeux. Il concerne les Jeux d’hiver en 2026, mais aussi les éditions déjà attribuées.

Le document en question, riche de toutes les « conditions opérationnelles », est certes accessible à tous les internautes (dans sa version anglaise), mais il se révèle indigeste. En tout, pas moins de 292 pages. Ardu.

Mais ses grandes lignes sont connues: la priorité est accordée au recyclage des sites et équipements existants, avec une obligation d’économies à tous les étages. Le CIO rappelle dans son communiqué, publié lundi pour accompagner la mise en ligne du contrat, l’adoption par la session du CIO en février dernier à PyeongChang de la « Nouvelle norme », un plan de 118 mesures censées faire économiser jusqu’à 500 millions de dollars à la ville-hôte des Jeux d’hiver en 2026 (1 milliard pour les Jeux d’été).

Malin, le CIO en profite pour confirmer aux candidats entrés en campagne que sa contribution au budget des Jeux de 2026 se montera à 925 millions de dollars. Une généreuse enveloppe prélevée sur les revenus astronomiques issus des droits de diffusion et du programme marketing TOP.

Le message est clair: les Jeux coûtent de moins en moins cher, et ils peuvent rapporter le pactole grâce à la générosité annoncée de l’institution aux anneaux. Une carotte censée rassurer les villes candidates, où le spectre du référendum a déjà envoyé Sion aux oubliettes et menace d’en faire autant à Calgary et à Graz.

Commentaire de Christophe Dubi, le directeur exécutif des Jeux olympiques: « C’est une autre étape importante dans le processus visant à faire des Jeux olympiques et paralympiques une réalité pour les communautés qui ont l’ambition d’accueillir le plus grand événement sportif du monde. Nous leur donnons ainsi les moyens pour l’organisation de Jeux qui soient durables et créent un héritage positif à long terme pour leurs citoyens, tout en réduisant la complexité et les coûts d’un tel projet. »

Effet d’annonce ou vraie révolution ? Difficile de trancher. Seule certitude : le CIO n’a plus réellement d’autre choix que sortir enfin de sa tour d’ivoire. Deux candidats seulement, Pékin et Almaty, se sont disputés les Jeux d’hiver en 2022. Deux autres, Paris et Los Angeles, étaient en concurrence pour les Jeux d’été en 2024. Pour l’édition hivernale en 2026, la bataille a déjà perdu Innsbruck et Sion. Dans un tel contexte, la transparence n’est plus seulement une « avancée ». Elle devient une obligation.

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