Candidatures - 08/05/2018

Pour le Mondial 2026, le Maroc laisse échapper les voix

La cloche du dernier tour a sonné dans la course au Mondial de football en 2026. A 5 semaines du vote, prévu le 13 juin à Moscou, les deux équipes de candidature avalent les kilomètres pour convaincre les votants de leur accorder leurs suffrages.

Une délégation du Maroc, conduite son directeur général, Hicham El Amrani, sillonne l’Europe. Elle a rencontré la semaine passée à Copenhague les représentants des fédérations danoise, finlandaise, suédoise, norvégienne et islandaise. Selon les médias marocains, l’opération aurait été un succès.

 

En face, le trio américain formé des Etats-Unis, du Canada et du Mexique a fait une étape prolongée en Asie. Carlos Cordeiro, le co-président du comité de candidature, annonce avoir présenté le dossier à une douzaine de fédérations asiatiques lors d’une réunion en Indonésie.

 

Pour la première fois depuis le début de la campagne, les deux camps vont se croiser ce mardi 8 mai à Bruxelles. L’occasion: le congrès annuel de l’Association internationale de la presse sportive (AIPS). Marocains et Américains vont faire face aux questions d’une assistance constituée de 200 journalistes venus d’une centaine de pays, réunis pour 4 jours à l’hôtel Plaza.

 

Côté américain, les récents tweets de Donald Trump, ridiculement maladroits, ont l’allure d’un cadeau empoisonné. Le Maroc pourrait en tirer avantage. Mais, curieusement, la candidature africaine traverse une zone de gros temps. Elle perdrait des voix dans son propre camp.

 

Lundi 7 mai, l’Afrique du Sud lui a violemment claqué la porte au nez. La Fédération sud-africaine de football avait, dans un premier temps, affiché son soutien au dossier marocain. Son président, Danny Jordaan, avait annoncé le 16 avril que le pays voterait en faveur d’une candidature présentée comme celle de tout le continent. Puis il a fait marche arrière.

 

Lundi, la ministre sud-africaine des Sports, Tokozile Xasa, a enfoncé le clou. « Nous sommes très clairs sur le fait que nous ne pouvons pas soutenir le Maroc, a-t-elle déclaré, citée par le média sud-africain Times LIVE. Notre parlement a été très clair à cet égard, c’est le mandat du pays et c’est une obligation pour les organismes sportifs de comprendre l’agenda du pays. Vous ne pouvez pas, simplement parce que vous avez de l’expérience dans les affaires de la FIFA, être en faveur d’une nation qui va à l’encontre du mandat de votre propre pays. »

 

En vertu des relations diplomatiques très tendues entre le Maroc et l’Afrique du Sud depuis plusieurs années, la candidature marocaine perd le soutien du seul pays africain ayant déjà accueilli le Mondial. Fâcheux.

 

Autre couac: le Bahreïn et l’Arabie saoudite, deux pays islamiques, auraient eux aussi tourné le dos au Maroc. Le prince héritier du Bahreïn a reçu en audience privée, dimanche dernier au palais royal d’Al Manama, une délégation du comité de candidature américain. Selon plusieurs médias locaux, le prince Salmane n’a pas manifesté explicitement son soutien au dossier United 2026, mais il a salué « les relations très étroites » que le Bahreïn entretiens avec les trois pays, avant de souhaiter « la réussite de leur visite au Bahreïn« . Une formule derrière laquelle les habitués du genre devinent la promesse d’un vote en faveur du trio américain lors du prochain congrès de la FIFA.

 

Quant à l’Arabie saoudite, elle a exprimé plus directement son changement de veste. Interrogé par CNN, Turki Al-Sheikh, le président de la Fédération saoudienne de football, a expliqué: « Nous travaillons pour l’intérêt de l’Arabie saoudite. Nous n’avons pas encore adopté de position, mais les intérêts de l’Arabie saoudite priment. Les Etats-Unis font partie de nos alliés les plus puissants. Et nous sommes le leur au Moyen-Orient. » Un effet Trump? Peut-être.

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