Institutions - 19/12/2014

« Ma rencontre avec François Hollande a été enthousiasmante »

L’année a été historique pour le mouvement paralympique. Les Jeux de Sotchi ont été, de l’avis général, une formidable réussite. Et le Comité paralympique international (IPC) a fêté en 2014 son 25ème anniversaire. Son président, l’Anglais Sir Philip Craven, effectue actuellement une visite à Paris. Il a répondu aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux: Comment se porte l’IPC en cette fin d’année 2014?

Philip Craven: L’IPC se porte très bien. Nous avons fêté les 25 ans de notre organisation, même si le mouvement paralympique avoue presque 70 ans. Depuis mon élection à la présidence, à la fin de l’année 2001, j’ai cherché à renforcer nos liens avec le CIO. Ils sont aujourd’hui très forts et nos relations excellentes. Et j’ai beaucoup insisté, dès le début de mon premier mandat, sur l’importance de nous positionner sur le sport, non pas sur le handicap. Nous sommes aujourd’hui reconnus comme une organisation sportive à part entière. Maintenant, nous travaillons sur notre développement, afin d’avoir encore plus d’athlètes et de fédérations. Et nous essayons d’élever le niveau des différents championnats du monde organisés entre deux Jeux paralympiques.

Quel bilan avez-vous dressé des Jeux d’hiver de Sotchi?

Les Russes ont organisé à Sotchi de très très bons Jeux paralympiques. Personne ne peut le contester. Et je suis particulièrement content de la façon dont nous avons travaillé avec le comité d’organisation. Le phénomène paralympique est beaucoup plus ancré dans la société russe qu’au temps de l’Union Soviétique. Je me souviens que l’URSS n’avait pas voulu participer aux Jeux paralympiques, en 1980, en expliquant qu’il n’y avait aucune personne handicapée dans le pays…

Comment se présentent les Jeux de Rio pour le mouvement paralympique?

Très bien. Je suis optimiste sur le succès de ces Jeux, notamment en termes d’héritage sur l’accessibilité. Nous avons créé pour la première fois un comité d’intégration, au sein du comité d’organisation des Jeux olympiques, qui veille à ce que le travail soit fait dans la préparation de l’événement. Nous avions déjà fonctionné ainsi aux Jeux de Londres, mais avec seulement une personne, un directeur de l’intégration. La formule avait été une réussite.

Il est largement question, actuellement, des projets de candidatures aux Jeux d’été de 2024. Estimez-vous être suffisamment impliqués dans le choix des villes-hôtes des Jeux?

Oui. Nous le sommes même complètement. Nous somme représentés au sein de la commission d’évaluation des villes candidates, puis à la commission de coordination de la ville-hôte. Et, une fois désignées, les villes qui organisent les Jeux se rendent à Bonn, au siège de l’IPC, pour apprendre les différences et les similitudes entre les Jeux olympiques et paralympiques.

Que pensez-vous de la situation des Jeux d’hiver de 2022, avec seulement deux candidates, Almaty et Pékin?

Je trouve très dommage que les projets européens n’aient pas abouti. Pékin, nous connaissons déjà. A Almaty, tout est à découvrir. Mais il semble aujourd’hui quasi certain que nous ne vivrons pas le même scénario pour les Jeux d’été de 2024. L’Allemagne, l’Italie, les Etats-Unis, se sont déjà déclarés. Et il serait formidable pour moi que la France annonce bientôt sa candidature.

Pour quelle raison?

Et bien, ma femme est française, j’ai joué deux ans au basket en France, et je voue une grande passion aux régions françaises. La Bretagne, la Bourgogne, la Vallée du Rhône. Je suis passionné par la viticulture.

Vous venez de rencontrer le président français, François Hollande. De quoi avez-vous parlé?

Nous n’avons pas spécialement parlé de la candidature de Paris aux Jeux de 2024, mais plutôt de ce que les Jeux paralympiques peuvent apporter à une ville, une région ou un pays. Nous avons évoqué la façon dont cet événement peut changer les individus et la société. Les Jeux paralympiques peuvent libérer les gens. Cette rencontre avec François Hollande a été enthousiasmante.

Que pensez-vous de l’Agenda 2020 adopté à l’unanimité par le CIO?

J’y suis tout à fait favorable. J’ai d’ailleurs écrit une lettre à Thomas Bach, après la session du CIO, pour le féliciter non seulement de l’Agenda 2020, mais surtout de la façon dont il communique avec les membres de l’organisation depuis son élection. Je me souviens d’avoir assisté à une réunion où il nous a dit: « Nous ne pouvons pas être une île ». Il a raison. Le mouvement olympique doit s’ouvrir au monde. Il doit évoluer. Tout ce qui a été décidé dans l’Agenda 2020 va dans ce sens.

Où en êtes-vous de l’adoption du programme des Jeux paralympiques de Tokyo en 2020?

Huit sports sont actuellement en attente. Leurs fédérations n’avaient pas envoyé toutes les informations nécessaires, mais elles ont depouis largement rectifié le tir. Une réunion est prévue au tout début du mois de février 2015 à Abu Dhabi, au cours de laquelle l’IPC doit décider des sports qui seront au programme des Jeux. Nous pourrons en choisir jusqu’à un maximum de sept sur les huit encore en course.

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