Événements - 16/02/2014

Avant Sotchi, la Russie ignorait le mot volontaire

Les Jeux de Sotchi transformeront-ils la Russie ? Allez savoir. Mais ils ont eu au moins le mérite de donner un sens au mot « volontaire » dans la langue du pays. Marina Pochinok, la vice-présidente du Comité d’organisation, l’explique : « Le concept de bénévolat n’existait pas vraiment dans la culture russe. Il a fallu le créer et l’expliquer lorsque nous avons commencé à recruter. Cela n’a pas toujours été facile, surtout auprès des gens âgés de plus de 30 ans. Mais je crois que le résultat valait tous ces efforts. »

A Sotchi, les Jeux d’hiver s’appuient sur la présence de 25 000 volontaires. Etre habillés du soir au matin d’une tenue aux teintes de papier peint ne leur enlève jamais le sourire. Mais cette armée de bénévoles ne ressemble en rien aux troupes habituellement stationnées sur les sites olympiques. Le volontaire russe est jeune. Moyenne d’âge 23 ans. Elle atteignait 45 ans à Vancouver en 2010 et 44 ans deux ans plus tard à Londres. Fait rarissime: seulement 3% d’entre eux sont âgés de plus de 55 ans.

Le volontaire russe n’habite pas Sotchi. « Nous en avons recruté dans toute la Russie, explique Marina Pochinok. Et la Russie est très grande! Songez que la distance entre Sotchi et Vladivostok atteint presque 10 000 km, avec un décalage horaire de 7 heures entre les deux villes. » Conséquence: les organisateurs des Jeux ont dû construire six villages des volontaires pour loger cette joyeuse colonie, une première dans l’histoire des Jeux olympiques. Précision non superflue de Marina Pochinok: « Nous devons les nourrir, ils sont jeunes. » Les plus âgés seraient donc au régime. Pas sûr qu’ils voient la fin des Jeux…

Autre particularité: le volontaire russe n’est pas seulement… russe. Pas moins de 7% des bénévoles recrutés par le Comité d’organisation viennent de l’étranger. Ils représenteraient 66 pays. Selon les chiffres officiels, 65 sont arrivés de France et 135 du Canada. Ils parlent 30 langues différentes, dont l’hindi et le pendjabi. En dehors du russe, la langue la plus parlée chez ces 25 000 bénévoles se révèle être l’anglais, devant le français.

A l’évidence, la Russie connaîtra un avant et un après Sotchi dans le monde merveilleux du bénévolat. Marina Pochinok raconte: « L’an passé, nous figurions au 10ème rang du classement mondial du volontariat. Lorsque Sotchi a eu les Jeux, nous n’apparaissions même pas sur la carte. » Alexander Pflyuk, un jeune volontaire venu de Sibérie, confirme: « Dans les universités, donner de son temps pour des projets ou des causes est devenu très tendance parmi les étudiants. Nous sommes à l’avant-garde du volontariat. » Cool.

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