Événements - 11/10/2013

Roland-Garros n’a plus tous les droits

Stupeur et tremblement dans le tennis français. L’appel d’offres sur les droits de retransmission télévisée du tournoi de Roland-Garros pour les quatre prochaines années s’annonçait comme une bataille rangée entre les chaînes nationales. Les couteaux seraient sortis, les coups bas échangés et les prix allaient monter. Au final, rien. Gilbert Ysern, le directeur général de la Fédération française de tennis (FFT) et du tournoi, l’a annoncé: l’appel d’offres a été infructueux.

« Alors qu’il y avait au départ dix candidats, nous n’avons eu que deux offres, précise-t-il. Une d’Eurosport, très loin du prix de réserve (15 millions d’euros, NDLR), une de France Télévisions, en deça de la somme qu’ils payent aujourd’hui ».

La FFT avait pourtant soigné les détails. Elle avait divisé les droits en trois lots, l’un réservé aux chaînes gratuites, l’autre ouvert à toutes les chaînes et un troisième pour les mobiles. La mariée était belle. Mais personne n’en a voulue. Aucune offre n’a été reçue de la part d’une chaîne payante, alors que BeIn Sport avait un temps exprimé son intérêt.

« On va essayer de comprendre pourquoi on a perdu dix candidats en route, a annoncé Gilbert Ysern. On va revoir notre copie, on ne s’interdit rien ».

Roland-Garros n’attirerait donc plus les convoitises ? Au moins qu’il ne s’agisse d’un effet de la crise ? Ou encore, selon certains experts du marché, d’une conséquence de l’inflation des droits du football, qui ne laisserait que les miettes aux autres disciplines.

Une chose est sûre : la FFT va désormais faire le tour des candidats originels afin de revoir son appel d’offres sans se fixer de calendrier. Gilbert Ysern et son équipe vont notamment frapper à la porte de M6. La chaîne avait annoncé son intention de postuler au printemps, mais avait renoncer à enchérir il y a quelques jours. Tout comme BeInSport qui, elle, n’avait pas annoncé son retrait.

L’enjeu, en effet, n’est pas mince. Le deuxième des tournois du Grand chelem, dans l’ordre chronologique, peine à suivre le rythme imposé notamment par l’Australian Open et par Wimbledon, où le prize-money augmente d’édition en édition. Les droits TV pour la France de Roland-Garros sont très inférieurs à ceux des trois autres tournois « majeurs » (de quelque 30 millions d’euros à Wimbledon jusqu’au double pour l’US Open). Pas question, donc, de se contenter de baisser les bras. Mais la balle est désormais dans le camp des diffuseurs.

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