Institutions - 30/05/2013

Un débat hors d’âge

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Le torchon brûle entre la FIFA et l’UEFA, deux des plus puissantes (et des plus riches) institutions du mouvement sportif international. Rien de nouveau sous le soleil, en vérité. Mais, cette fois, la discorde porte sur une question nouvelle : l’âge des dirigeants.

Le 63e Congrès de la FIFA s’est en effet ouvert jeudi 30 mai à l’Île Maurice sur fond de polémique, puisque des réformes attendues, limite d’âge et durée des mandats, repoussées à 2014, ont provoqué le mécontentement de l’UEFA. Michel Platini, le président de l’institution du football européen, n’a pas mâché ses mots devant la presse : « Très clairement, les sept membres européens présents au comité exécutif de la FIFA n’étaient pas contents du report sur l’âge limite et la durée des mandats. La FIFA avait dit, il y a deux ans, que les réformes seraient finies en 2013 et ces questions (âge limite, durée mandats) sont maintenant repoussées. Et qu’on ne dise pas que c’est l’UEFA qui a bloqué les réformes. Ça a été repoussé: vous pensez que ce sera fait l’an prochain? Non, car cela concerne juges et parties. »

Au premier regard, cette querelle sur l’âge du capitaine peut sembler sans intérêt, voire dérisoire. Mais elle traduit le terrible bras de fer qui est train de se jouer entre Sepp Blatter, le président actuel de la FIFA, âgé de 77 ans, et Michel Platini, le patron de l’UEFA, son héritier naturel, nettement plus jeune avec ses 57 printemps. En faisant repousser les réformes sur cette question de l’âge, Sepp Blatter se laisse une porte ouverte. En exprimant son mécontentement, Michel Platini se lance dans la campagne… mais sans trop s’exposer.

Le Suisse a longtemps juré ses grands dieux qu’il céderait sa place en 2015. Avant de revenir sur sa parole et d’entretenir le flou sur son désir ou non de briguer dans deux ans un cinquième mandat. Le Français, lui, assure ne pas encore avoir pris sa décision, alors que tout le désigne pour sauter une nouvelle marche et diriger le football mondial.

Du coup, on en oublierait presque les autres questions à l’ordre du jour du Congrès de la FIFA. Des questions pourtant autrement plus décisives quant à l’image et à l’avenir de la FIFA. Vendredi 31 mai, à l’Île Maurice, le mode d’attribution de la Coupe du Monde doit être ainsi changé, passant du vote jusque-là réservé au comité exécutif (24 membres), au vote du Congrès entier (209 fédérations), dans un souci de démocratisation après les critiques soulevées par les Mondiaux attribués à la Russie pour 2018 et au Qatar pour 2022.

Le Congrès de l’Île Maurice devrait aussi faire un pas de plus vers une meilleure parité hommes-femmes. Et il sera amené à voter une résolution durcissant les sanctions en cas de racisme. Du très lourd, donc.

 

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