Candidatures - 09/05/2013

Thomas Bach, un Allemand pressé

C’était un secret de polichinelle : Thomas Bach, l’avocat allemand ancien champion olympique d’escrime, est depuis ce jeudi 9 mai 2013 le premier candidat déclaré à la succession de Jacques Rogge comme président du CIO. Un dirigeant du Comité olympique allemand avait glissé l’information dès la veille à l’oreille d’un journaliste de l’agence Reuters, sous condition d’anonymat. En précisant, sur le même ton de confidence, que l’annonce devrait être faite aujourd’hui, jour de l’Ascension, lors d’une conférence de presse à Francfort.

La confidence était crédible. Thomas Bach a officiellement annoncé sa candidature, devant un parterre de journalistes, expliquant en avoir informé, la veille, Jacques Rogge et ses collègues du CIO. Il a expliqué avoir toujours dédié une grande partie de sa vie aux sports olympiques, depuis son premier entraînement de jeune garçon jusqu’à son rôle de patron du Comité olympique allemand, en passant par son titre aux Jeux de Montréal en 1976. Puis il a précisé : « Je me sens très bien préparé. Et particulièrement honoré que, ces derniers mois, de nombreux collègues du CIO et toute la communauté du sport allemand m’aient exprimé leur soutien dans mon projet. »

Thomas Bach candidat, l’information n’a rien de surprenant. Actuel vice-président du CIO, l’Allemand de 59 ans, entré dans la maison en 1991, n’a jamais fait vraiment mystère de ses ambitions présidentielles. Il est considéré depuis plusieurs années comme le favori dans la course au fauteuil de Jacques Rogge, qui abandonnera la fonction en septembre prochain, à Buenos Aires, au terme de deux mandats de huit et quatre ans.

En plus de diriger la puissante DOSB, le Comité olympique allemand, Thomas Bach possède l’avantage de siéger à la commission exécutive du CIO, l’organe le plus influent (trop, selon certains membres) de l’institution olympique. Il est Européen, un atout de plus au sein d’un mouvement olympique où plus de 4 représentants sur 10 viennent du Vieux Continent. Enfin, l’Allemand préside la commission juridique, une position qui l’a amené à statuer sur certaines des affaires les plus épineuses du sport mondial, à commencer par les nombreux contentieux liés au dopage.

Selon les règles du CIO, toujours très strictes, la date limite pour se porter candidat est fixée au 10 juin 2013. Thomas Bach a souhaité partir le premier. Logique. Mais en sortant ainsi du bois, il s’oblige à respecter le code d’éthique imposé aux postulants, très strict en matière de communication.

En face, les noms se bousculent, sans pour autant être officiels. Citons, en vrac, le Singapourien Ser Miang Ng, lui aussi vice-président du CIO, sorti renforcé du succès de l’organisation dans sa ville-état des premiers Jeux olympiques de la Jeunesse, l’Ukrainien Sergueï Bubka, très charismatique mais sans doute encore trop récent dans la maison, le Port-Ricain Richard Carrion, le patron de la commission des finances, à la tête de laquelle il a sécurisé un contrat de plus de 3 milliards d’euros pour les Jeux de 2020 avec la chaîne américaine NBC, le Taïwanais Ching-Kuo Wu, puissant président de l’AIBA, la fédération internationale de boxe.

A cette liste, il faut ajouter les noms de deux Suisses : Denis Oswald, l’actuel président de la Fédération internationale d’aviron, longtemps à la tête de l’Association des fédérations internationales des sports olympiques d’été, et René Fasel, président de la Fédération internationale de hockey-sur-glace, très actif actuellement pour attirer les stars de la NHL aux Jeux de Sotchi. Enfin, le nom de la Marocaine Nawal El Moutawakel est souvent cité. Elle serait la seule femme, et la seule Africaine, de la course. Mais il se murmure, dans les couloirs du CIO, que l’ancienne championne olympique du 400 m haies, ne serait finalement pas partante.

Photo @imago, Martin Hoffmann

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