Institutions - 04/04/2013

Pour retrouver une France qui gagne

Crédit photos: CNOSF / KMSP

Crédit photos: CNOSF / KMSP

La France n’est pas encore candidate aux Jeux olympiques. Elle le sera peut-être. Ou peut-être pas. Mais elle a avancé de plusieurs pas, jeudi 4 avril, avec le lancement très officiel du Comité français du sport international (CFSI). L’évènement s’est déroulé au siège du CNOSF, à Paris, en début de matinée. Dans le détail, il ne s’agissait rien de plus qu’une réunion de travail, le première depuis la décision en décembre dernier de la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, de transférer la responsabilité des relations internationales de l’Etat au mouvement sportif. Mais cette réunion, où se pressait une vingtaine de personnes, a donné les trois coups d’une présence française annoncée plus visible et agressive sur l’échiquier mondial.

Sur la forme, rien de très spectaculaire. Le CSFI est locataire de bureaux au siège du CNOSF. Il dispose d’un budget de 500 000 €, suffisamment pour exister, mais sûrement pas pour se faire entendre sur tous les terrains. « Nous établirons des priorités », a assuré Valérie Fourneyron. « Lors de sa prochaine Assemblée générale, le CNOSF décidera d’une dotation supplémentaire qui pourrait être intéressante », a promis Denis Masseglia, le président du Comité national olympique.

Le CFSI doit se réunir tous les trois mois. C’est peu. Sa composition se révèle un mélange très large, au point d’en paraitre confus, des membres français du CIO, Guy Drut et Jean-Claude Killy, de la ministre des Sports, du président du CNOSF, de son alter ego du comité paralympique, Gérard Masson, de sept représentants du mouvement sportif, autant de l’Etat, cinq des collectivités territoriales et trois du monde économique. Son président est Bernard Lapasset, par ailleurs à la tête de l’IRB, la Fédération internationale de rugby. Tony Estanguet, le triple champion olympique de kayak, fraîchement retraité, en sera son ambassadeur.

Le reste s’avère également assez classique. Bernard Lapasset a annoncé les « cinq premières décisions » du nouveau bras armé de la politique étrangères du sport français : l’envoi dès la semaine prochaine d’une lettre à toutes les fédérations sportives nationales les appelant à manifester leurs attentes et leurs projets internationaux, la mise en place d’un réseau de relais et d’informateurs à l’étranger, afin de constituer une « veille », la mise en place d’une stratégie de coopération internationale, la constitution d’un groupe d’ambassadeurs internationaux, pour la plupart d’anciens sportifs, et enfin la participation de représentants français (fédérations, entreprises…) à des grands évènements à l’étranger.

Une approche très « basique » que Bernard Lapasset résume : « Nous avions la volonté et les compétences, mais il manquait une façon de tout organiser. Nous allons dans le bon sens. La concurrence est forte, avec tous les pays émergents. Mais nous sommes en train de nous donner les moyens de relever le défi, pour retrouver une France qui gagne. » Tony Estanguet se dit, de son côté, « très motivé » par le projet, mais il avoue « attendre maintenant que les paroles et les intentions soient rapidement suivies d’actes concrets. » Il n’est pas le seul.

Reste une inconnue, une question sur toutes les lèvres : verra-t-on une candidature française aux Jeux d’été de 2024 ? Bernard Lapasset répond… sans répondre : « C’est l’ambition de tous. Si nous sentons que la fenêtre s’ouvre, nous irons. Mais la décision dépendra de plusieurs facteurs, dont le choix de la ville hôte des Jeux de 2020, et l’identité du prochain président du CIO. » Rien n’est fait, donc. Et tout est à faire.

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