Candidatures - 25/03/2013

Pour l’emporter, Istanbul se met en quatre

La victoire se joue parfois à quelques détails, dit-on, dans la course à l’organisation des Jeux olympiques. Après Tokyo puis Madrid, la commission d’évaluation du CIO fait étape à Istanbul. Une visite de quatre jours entamée dimanche 24 mars. Et marquée, d’emblée, par un « détail » : la troupe des membres et des experts de l’institution olympique a été accueillie, à son arrivée en Turquie, par le chef de l’Etat en personne, Abdullah Gül. Au Japon et en Espagne, elle avait eu droit au Premier ministre.

Une façon de donner le ton ? Après quatre échecs consécutifs (2000, 2004, 2008 et 2012), Istanbul se dessine cette fois un profil de gagnante. Et elle n’a plus peur de le dire. « Je le sais, nous allons gagner », avance le ministre du tourisme, Suat Kilic. « Nous avons déjà tenté quatre fois notre chance, mais cette fois nous le faisons en tant que pays réellement développé, explique Hasan Arat, le président du comité de candidature. Nous avons travaillé et nous nous sommes entraînés comme un athlète de haut niveau. Aujourd’hui, nous sommes prêts. »

Ses arguments : l’économie. A la différence de Madrid, Istanbul peut étaler ses chiffres sans craindre les railleries. La Turquie affiche une croissance rayonnante de santé (plus de 8% en 2010 et 2011), une population jeune (60% de ses 75 millions d’habitants ont moins de 35 ans) et de plus en plus riche (le revenu par habitant y a été multiplié par trois en dix ans). Pas mois de sept grands conglomérats turcs seraient prêts à débourser 2,5 milliards en cas de victoire, soit environ la moitié des dépenses olympiques. «Nous faisons partie des quinze premières puissances mondiales en termes de force économique et selon l’OCDE, nous serons l’économie qui progressera le plus vite entre 2011 et 2017», assène Hasan Arat.

Autres forces : un soutien populaire proche des sommets (pas moins de 94% de la population serait favorable à la candidature d’Istanbul, selon le dernier sondage), et des infrastructures prêtes ou proches de l’être. La Turquie a déjà engagé un vaste effort d’investissement en vue du Centenaire de la République en 2023. Son nouvel aéroport doit entrer en service en 2016. Son métro sera renforcé. Dimanche 24 mars, la délégation du CIO a ainsi pu emprunter une ligne pas encore ouverte au public pour se rendre au stade Seyrantepe, une enceinte de 52 000 places utilisée par le club de football de Galatasaray, où ses membres étaient attendus par Didier Drogba. La commission d’évaluation a également visité le stade olympique, baptisé Atatürk, dont la capacité atteint 76 000 spectateurs.

Reste une ombre au tableau : le dopage. La Turquie partage avec l’Espagne le douloureux privilège de voir les performances de ses athlètes inspirer doute et suspicion. La dernière affaire en date tombe au pire moment : Asli Cakir Alptekin, championne olympique du 1500 m l’été dernier à Londres, figurerait sur une liste de huit athlètes contrôlés positifs aux Jeux de 2012. L’information n’a été confirmée ni par l’AMA ni par l’IAAF. Mais le comité de candidature d’Istanbul devra se montrer très convaincant sur la volonté du pays de combattre ce fléau, lorsque la question du dopage sera abordée pendant la visite de la petite troupe du CIO.

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