Candidatures - 19/03/2013

Pour les Jeux, l’Espagne veut laver plus propre

Routinier, le métier d’expert du CIO ? Comme à Tokyo, en début de mois, la troupe de la commission d’évaluation de l’institution olympique a débuté sa visite de Madrid, lundi 18 mars, en serrant des mains très haut placées. Sir Craig Reedie, la président de la dite commission, et ses compagnons de route ont été reçus par Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol. A Tokyo, ils avaient été accueillis par Shinzo Abe, le Premier ministre japonais.

Comme deux semaines plus tôt, les envoyés du CIO ont entendu la poignée de dirigeants ibériques (Mariano Rajoy était accompagné par Ana Botella, maire de la ville, et Alejandro Blanco, président du Comité olympique espagnol) leur assurer que Madrid était « prête à recevoir les Jeux en 2020. » Comme à Tokyo, ils ont écouté religieusement leurs hôtes répéter que le tour était venu d’accorder l’évènement à l’Espagne, après deux tentatives infructueuses (2012 et 2016).

Comme au Japon, ils se sont dégourdis les jambes par une virée dans certains des sites olympiques du dossier madrilène. Une inspection des arènes de Madrid, où pourrait se jouer le tournoi de basket. Puis un détour prolongé par le stade de football Santiago-Bernabeu, toujours très apprécié des visiteurs, où les attendaient Florentino Perez, le président du Real Madrid, et Iker Casillas, son gardien de but. Un bon choix, à défaut d’être original.

Jusque-là, peu de surprises. L’inattendu est venu de là où peu de gens l’attendaient. Dès ce premier jour de visite, le président du Conseil supérieur des sports espagnol, Miguel Cardenal, a prononcé tout haut le mot que beaucoup murmuraient très bas : dopage. Il a posé sur la table, en vue de tous, le sujet considéré comme un point faible de la candidature madrilène. Une manœuvre risquée, mais finalement habile.

Manuel Cardenal a en effet assuré, une main sur le cœur, que son pays adopterait une loi antidopage plus répressive avant le vote de la ville hôte des Jeux de 2020, prévu le 7 septembre prochain à Buenos Aires. La loi en question a déjà été approuvée par le gouvernement espagnol. Elle doit désormais être votée par l’Assemblée. Ses principes : un élargissement des compétences de l’Agence espagnole antidopage, une augmentation des sanctions financières en cas de délit (jusqu’à 400 000 €), et la création d’un Tribunal arbitral du sport, dont l’une des sections serait spécifiquement dédiée à la lutte contre la triche.

Pour décrocher la timbale, Madrid et l’Espagne promettent donc de laver plus propre. Il était temps, pourraient suggérer les plus sceptiques. Sans doute. Mais le moment est parfaitement choisi pour donner un sérieux tour de vis à la lutte antidopage.

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