Candidatures - 05/03/2013

Pour suivre la visite, oubliez le français

La course aux Jeux d’été de 2020 est sans doute en train de se jouer (un peu) pendant ce mois de mars 2013. La commission d’évaluation du CIO a débuté lundi 4 mars sa visite de quatre jours dans la capitale japonaise. Un bataillon de 14 personnes, membres du CIO et experts en tous genres, conduit par Sir Craig Reedie. Elle poursuivra sa route, au mépris du décalage horaire, par Madrid en milieu de mois, avant de se poser à Istanbul après l’arrivée du printemps.

Que s’y raconte-t-il, entre deux visites de chantier et quelques conférences de presse ? Que faut-il comprendre et décrypter, derrière les discours de bonnes intentions et les sourires de convenance ? Chercher des réponses en français revient à vouloir lire l’avenir dans le marc de café. Les médias francophones semblent largement se désintéresser de l’évènement. Au mieux, ils s’en tiennent aux faits. Au pire, ils en ignorent tout bonnement l’existence.

Pas un mot dans la presse généraliste française depuis le début de la visite des envoyés du CIO à Tokyo. Le site Internet du quotidien L’Equipe possède pourtant un blog consacré aux Jeux, « Objectif JO ». Mais son dernier article, daté du mois de février, s’intéresse à Sotchi 2014. Le quotidien, lui, consacrait dans son édition du lundi un sujet sur le périple en trois étapes de la commission d’évaluation du CIO. Mais il est titré sur Istanbul et ses milliards (le budget des Jeux y atteindrait 15 milliards d’euros). Troublant hasard du calendrier : la chaine franco-allemande Arte diffuse, ce mardi 5 mars, un documentaire intitulé « Le monde après Fukushima. » Pour le reste, rien. A l’heure où le projet d’une candidature de Paris pour les Jeux de 2024 revient comme un refrain sitôt qu’il est question d’évoquer l’olympisme, cette indifférence n’est pas du meilleur effet.

Le lecteur curieux ne trouvera pas plus son bonheur en promenant ses regards dans les médias belges francophones. En cherchant vers la Suisse, il apprendra à la lecture de la Tribune de Genève qu’une candidature helvétique aux Jeux d’hiver ne pourrait intervenir, au plus tôt, que pour l’édition 2030. Tel est, du moins, l’avis d’un expert de la question, Jean-Loup Chapellet, interrogé par le quotidien après le non de la population des Grisons à une tentative de Saint-Moritz pour les JO de 2022. Pas une ligne, en revanche, sur la visite de la commission d’évaluation du CIO à Tokyo.

Bonne surprise : une dépêche a été mise en ligne sur le site du Matin, basé à Lausanne. Elle reprend les propos de Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, au soir de la première journée de l’inspection olympique. Un discours finalement assez pertinent, dans lequel le dirigeant asiatique explique que l’organisation au Japon des Jeux de 2020 permettrait à Tokyo de servir d’inspiration à de nombreuses autres villes. Avec cet argument : « Bientôt, les questions auxquelles est confronté le Japon seront les mêmes que celles auxquelles seront confrontés de nombreux autres pays, comme la manière d’insuffler une cure de jouvence à un pays âgé (…). C’est pourquoi, la torche doit de nouveau revenir à Tokyo. »

Côté canadien, même calme médiatique. Une dépêche, une seule, sur le site de La Presse de Montréal. Publiée au premier jour de la visite du CIO, lundi 4 mars, elle énonce les faits, mais se garde bien du moindre commentaire.

Maigre consolation : les médias anglophones ne se passionnent pas beaucoup plus pour l’évènement. Le New York Times l’ignore superbement. Le Guardian s’est fendu d’une seule vidéo, sur son site Internet. Elle dure moins d’une minute et débute par les images de l’arrivée à l’aéroport de Tokyo de Craig Reedie, le patron de la commission d’évaluation, accueilli avec un bouquet de fleurs et salué par une cohorte d’enfants. Précision : Craig Reedie est britannique, comme le Guardian.

Les questions olympiques n’intéressaient donc plus les médias francophones ? Attendons, avant de répondre, la suite de la visite de la commission d’évaluation à Tokyo. Et, au-delà, celles prévues plus tard dans le mois à Madrid puis à Istanbul. FrancsJeux en suivra le déroulé. Au quotidien.

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