— Published 4 May 2020

L’AMA transmet les dossiers prioritaires aux OAD dans son enquête sur la Russie

Montréal, le 30 avril 2020 – L’Agence mondiale antidopage (AMA) annonce aujourd’hui que son équipe Renseignement & enquêtes a terminé son enquête visant 298 sportifs russes ciblés dans le cadre de « l’Opération SGIL » (1) (LIMS en anglais), encore en cours, qui porte sur le dopage institutionnalisé en Russie. L’équipe Renseignement & enquêtes a fourni des dossiers détaillés sur ces sportifs à 28 organisations antidopage (OAD), parmi lesquelles 27 fédérations internationales (FI) et une organisation responsable de grandes manifestations.

 

Depuis ses missions en Russie, menées en janvier 2019 et en avril 2019 dans le but de récupérer une copie des données du Système de gestion de l’information du laboratoire (SGIL/LIMS), les données brutes connexes et les échantillons de l’ancien laboratoire de Moscou, l’équipe Renseignement & enquêtes a compilé des dossiers de preuves concernant les cas individuels.

Tel qu’annoncé le 2 juillet 2019, à partir de ces données, l’équipe Renseignement & enquêtes de l’AMA a identifié un groupe cible de 298 sportifs et établi des dossiers minutieusement à l’intention de chacune des organisations antidopage concernées. Ce groupe cible a été constitué sur la base d’informations contenues dans la base de données LIMS du laboratoire de Moscou récupérée par l’AMA, de preuves découlant de l’Enquête McLaren initiée par l’AMA en 2016, ainsi que des échantillons récupérés.

Les 29 et 30 avril 2020, l’équipe Renseignement & enquêtes de l’AMA a tenu des réunions par conférence téléphonique avec les organisations antidopage concernées afin de leur présenter le contenu des dossiers de cas qui leur ont été transmis préalablement et de leur expliquer comment aller de l’avant en cas de détermination d’une violation des règles antidopage. Maintenant que ces dossiers ont été transmis, l’équipe Renseignement & enquêtes de l’AMA a terminé son enquête sur le groupe cible.

Les preuves disponibles diffèrent d’un dossier à l’autre, et les organisations antidopage concernées devront décider pour chaque cas si elles veulent ou non conclure à une violation des règles antidopage. L’AMA passera les faits en revue et discutera avec chacune des organisations concernées. L’AMA examinera également les décisions rendues par ces organisations antidopage et fera appel, le cas échéant, au Tribunal arbitral du sport (TAS). De plus, l’AMA a la possibilité, en vertu du Code mondial antidopage (Code), lorsqu’aucune décision n’est rendue dans un délai raisonnable, de porter des cas directement devant le TAS.

« Nous continuons d’avancer efficacement dans cette enquête aux multiples facettes et extrêmement complexe, a déclaré le directeur Renseignement & enquêtes de l’AMA, Gunter Younger. Nous avons constitué ces dossiers avec toutes les preuves dont nous disposons, et nous continuerons de fournir de l’aide et des conseils aux organisations pertinentes à mesure qu’elles détermineront si elles déclareront ou non des cas de dopage. »

« Le fait que nous soyons maintenant passés à l’étape de la gestion des résultats pour l’ensemble du groupe cible représente une étape de plus dans nos efforts visant à traduire en justice ceux qui ont triché. Ceci a toujours été notre objectif, et nous continuons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger le sport propre et les sportifs propres partout dans le monde. »

« Il s’agit de l’enquête la plus complexe de l’histoire de la lutte contre le dopage, et l’équipe de renseignement et d’enquêtes de l’AMA a fait un travail remarquable, a ajouté le président de l’AMA, Witold Bańka. La tâche était immense, puisqu’elle portait sur des milliers d’échantillons, 24 téraoctets de données(2), des centaines de sportifs et 28 organisations mais elle a produit des résultats bien concrets. La crise du dopage en Russie a accaparé le temps et les ressources de l’AMA depuis cinq ans, et l’équipe Renseignement & enquêtes a été en première ligne. Je tiens à remercier ses membres de leur travail énorme, de leur professionnalisme et de leur expertise, tout comme je remercie les organisations qui ont maintenant ces cas entre les mains pour le travail qu’elles feront et leur engagement dans la protection du sport propre. »

« Cette enquête n’est cependant pas encore terminée. Nous sommes encore en train de réanalyser des échantillons récupérés à l’ancien laboratoire de Moscou. Ce processus de réanalyse a déjà permis à l’AMA de détecter 57 cas, qui en sont au stade de la gestion des résultats. Ces cas s’ajoutent aux dizaines de cas qui ont déjà fait l’objet de poursuites et de procédures entamées par des fédérations internationales sur la base de preuves découvertes dans le cadre de « l’Opération LIMS » en haltérophilie, en biathlon et en athlétisme, ainsi qu’à d’autres cas dans divers sports découlant des Enquêtes Pound et McLaren initiées par l’AMA entre 2014 et 2016. »

Sur les 298 cas transmis aux 28 organisations antidopage par l’équipe Renseignement & enquêtes de l’AMA, 153 n’ont pas été affectés par les manipulations alléguées qui ont entraîné la procédure de non-conformité à l’encontre de RUSADA suite à la décision du Comité exécutif de l’AMA, le 9 décembre 2019, d’appuyer la recommandation du Comité indépendant de révision de la conformité (CRC) de l’Agence de déclarer RUSADA non conforme pour une période de quatre ans. Le dossier a depuis été soumis au TAS.

Tel qu’indiqué précédemment, la manipulation alléguée de données a affecté les dossiers de 145 sportifs dans le groupe cible de 298, soit un impact de près de 50 %. L’AMA a toutefois fourni des dossiers aux organisations antidopage concernées pour les 298 sportifs ciblés, afin que les organisations concernées aient accès à toutes les preuves disponibles.

Les circonstances relatives au cas de non-conformité de RUSADA sont bien connues et seront tranchées par le TAS. Entretemps, l’AMA continue d’aller de l’avant en utilisant tous les éléments de preuve disponibles dans le cadre de l’Opération LIMS.

Tel qu’indiqué ici, en vertu du Code mondial antidopage (le Code), l’AMA n’est pas libre de divulguer les noms des sports et des organisations qui ont reçu des dossiers de preuves à ce stade-ci du processus de gestion des résultats. Toutes les informations pertinentes et tous les résultats de cas seront publiés en temps voulu une fois le processus terminé, en conformité avec les exigences du Code.

Enfin, l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (UIA) de World Athletics continue de mener ses propres enquêtes depuis que l’équipe Renseignement & enquêtes de l’AMA lui a remis l’année passée les données du LIMS et les données brutes des sportifs concernés en athlétisme, y compris ceux qui font partie du groupe cible de l’AMA. L’UIA se charge elle-même de la constitution de dossiers et de l’établissement de violations des règles antidopage en athlétisme.

Notes :

(1) Tel qu’indiqué dans le graphique qui suit, « l’Opération LIMS » de l’AMA se compose de trois piliers :

  1. Le groupe cible de 298 sportifs mentionné plus haut.
  2. L’enquête menée à la demande du Comité indépendant de révision de la conformité (CRC) de l’AMA sur les manipulations alléguées de données par l’ancien laboratoire de Moscou, qui est maintenant devant le TAS.
  3. Le programme de réanalyse des échantillons récupérés par l’AMA au laboratoire de Moscou en décembre 2014 et en avril 2019, qui s’est traduit jusqu’ici par 57 Résultats d’analyse anormaux (RAA). Ce processus est encore en cours.


(2) 24 téraoctets équivalent à plus de 400 000 heures de musique ou à l’espace disponible sur environ 5 200 DVD.