— Published 13 November 2020

Déclaration de l’AMA sur le plus récent article de presse concernant l’IWF

Montréal, le 12 novembre 2020 – L’Agence mondiale antidopage (AMA) note avec grande préoccupation le contenu d’un article publié aujourd’hui (12 novembre 2020) sur le site web de l’organisation « Play the Game », qui fait état d’un certain nombre de nouvelles allégations concernant l’ancien président de la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF), Tamás Aján. En particulier, l’article allègue avoir découvert des lettres datant de 2013, que l’AMA a vues pour la première fois aujourd’hui, indiquant que M. Aján était intervenu pour retarder le processus de gestion de résultats d’analyse anormaux impliquant des haltérophiles d’Azerbaïdjan.

Ces allégations détaillées font suite à des allégations similaires faites par le professeur Richard H. McLaren dans son rapport publié le 4 juin 2020 au terme de son enquête initiée par la nouvelle direction de l’IWF, ainsi que par le service indépendant Renseignement et enquêtes de l’AMA dans son rapport provisoire publié le 22 octobre 2020.

« Ces dernières allégations d’actes répréhensibles de l’ancien président de l’IWF sont enrageantes, a déclaré le président de l’AMA, Witold Bańka. Selon le service Renseignement et enquêtes de l’AMA, qui a été le premier à lancer une enquête, ainsi que les conclusions du professeur McLaren et le travail réalisé par certains médias, il existait une culture de dopage en haltérophilie qui était tolérée, entretenue et cachée pendant longtemps. Il est clair que cela est inacceptable pour l’AMA et tous ceux qui se soucient du sport propre à travers le monde. L’AMA continuera à faire tout son possible pour aider les athlètes de ce sport à concourir sur un pied d’égalité dans un environnement sain et sécuritaire. »

Le 6 août 2020, l’AMA a écrit à l’IWF pour s’enquérir des mesures que l’IWF envisageait de prendre à l’encontre de M. Aján sur la base des conclusions de l’enquête McLaren. Il y a deux semaines, dans le cadre du suivi de la publication du rapport provisoire de son service Renseignement et enquêtes publié le 22 octobre, l’AMA a adressé une nouvelle lettre à l’IWF. L’AMA va maintenant demander à l’IWF de tenir compte de ce dernier article dans son examen.

Entretemps, tel qu’indiqué dans le communiqué de presse de l’AMA du 22 octobre, le service Renseignement et enquêtes poursuit son enquête sur l’haltérophilie et collabore, sur demande, avec les différentes agences chargées de l’application de la loi qui ont ouvert des enquêtes pénales sur la base des travaux du service.

En parallèle, tel qu’annoncé le 15 juin 2020, l’AMA reste en contact étroit avec l’Agence de contrôles internationale (ACI), à laquelle l’IWF a maintenant délégué la gestion de son programme antidopage, pour examiner un certain nombre de vieux cas de dopage dans l’haltérophilie, y compris les cas mentionnés dans ce dernier article, et pour faire le suivi de la gestion des cas en suspens suite aux informations obtenues par l’enquête McLaren. Bien que l’AMA, sans être en possession de toutes les informations, ait exercé une pression considérable sur l’IWF au fil des ans pour que celle-ci procède rapidement à la gestion des résultats de tous les résultats d’analyse anormaux, rien n’indiquait à l’époque une ingérence indue dans la gestion des cas de l’IWF. En outre, il n’existait aucune base juridique permettant à l’AMA – qui a reçu des pouvoirs d’enquête en 2015 – de sanctionner les retards dans la gestion des résultats avant l’entrée en vigueur du Standard international pour la conformité au Code des signataires (SICCS) le 1er avril 2018, qui n’est pas applicable rétroactivement.

L’AMA continue également d’examiner tous les éléments disponibles du point de vue de la conformité et de fournir des mises à jour régulières à son Comité indépendant de révision de la conformité. L’Agence n’hésitera pas à prendre des mesures dans le cadre du SICCS si des allégations de violation du Code mondial antidopage par l’IWF, ou par toute autre organisation antidopage, se traduisent par des preuves et que ces agissements ont eu lieu après l’entrée en vigueur du SICCS le 1er avril 2018.