— Publié le 10 août 2020

Panique à Zurich

FIFA

Le ton monte à la FIFA. Après l’ouverture par la justice suisse d’une procédure pénale à l’encontre de Gianni Infantino, l’instance internationale passe à l’offensive pour tenter de garder le contrôle de la communication. Elle s’en prend notamment au Suisse Mark Pieth, un professeur de droit pénal à l’Université de Bâle, qui avait mené en 2011 le processus de réforme de la commission d’éthique de la FIFA, avec l’objectif de la rendre indépendante. En fin de semaine passée, Mark Pieth a confié dans les médias qu’il ne comprenait pas pourquoi la commission d’éthique n’avait pas encore ouvert une enquête sur Gianni Infantino. A l’évidence, ses propos n’ont pas plu au président de la FIFA et à sa garde rapprochée. Un article paru dimanche 9 août dans le journal suisse germanophone Blick détaille le coût de la mission menée par Mark Pieth entre 2011 et 2013 au nom d’un « comité de gouvernance » mis en place par la FIFA. Elle se montait à 2,5 millions de francs suisses (2,3 millions d’ euros au cours actuel), avec des honoraires de 5 000 francs suisses par jour. Mark Pieth aurait reçu 214 380 francs suisses de la FIFA, révèle Blick. Réaction du secrétaire général adjoint de l’instance internationale, Alasdair Bell, un proche de Gianni Infantino, dans un communiqué : « Tout en prétendant travailler pour une FIFA plus transparente, il semble également que M. Pieth ait omis d’être lui-même transparent, en omettant par exemple de mentionner combien de millions lui et son institut ont reçu de la part de la FIFA de M. Blatter. Donc, la prochaine fois que M. Pieth et ses associés feront des commentaires publics au sujet de la nouvelle FIFA et Gianni Infantino, ils voudront peut-être aussi souligner, dans un souci de transparence et de  »bonne gouvernance », combien d’argent ils ont reçu de l’ancienne FIFA et Sepp Blatter. » Sans grande surprise, Mark Pieth dément les propos du secrétaire général de la FIFA. Selon le juriste suisse, la tournure prise actuellement par cette affaire révèle un « état de panique » au siège de la FIFA à Zurich.