— Publié le 17 novembre 2021

La question des transgenres dans les mains des fédérations internationales

CIO

Laurel Hubbard

Le sujet est d’importance. Il est aussi très complexe. Trois mois après les Jeux de Tokyo 2020, où l’haltérophile néo-zélandaise Laurel Hubbard (photo ci-dessus) est devenue la première athlète transgenre à participer aux Jeux, le CIO a ouvert une nouvelle fois le dossier. Mais sans parvenir à lui apporter une conclusion satisfaisante. Après deux ans de consultation, et une séries d’échanges avec plus de 250 personnes, l’instance olympique a expliqué mardi 16 novembre, à l’occasion d’un point presse en ligne, qu’il était impossible de définir des directives communes à tous les sports sur la question des athlètes transgenres et intersexes. Résultat : il sera désormais laissé aux fédérations internationales le soin d’établir leurs propres règles. Le CIO se contentera de leur proposer un “cadre”, où est listée une série de 10 principes. Le CIO l’explique dans un communiqué : “Il doit être du ressort de chaque fédération internationale de déterminer comment un athlète peut être avantagé de manière disproportionnée par rapport à ses pairs, en tenant compte de la nature de chaque sport .” Consciente de ses limites à trancher une question où interviennent des critères nombreux et parfois contradictoires (droit à la vie privée, non-discrimination, avantage physique…), l’instance olympique jette donc aux orties ses règles établies en 2015. Elles se concentraient sur la détermination de seuils de testostérone pour déterminer si un athlète était autorisé à concourir. Mais la responsable des droits humains au CIO, Magali Martowicz, l’a reconnu mardi 16 novembre : “Il n’existe pas le moindre consensus scientifique sur la manière dont la testostérone affecte la performance sportive”. L’instance olympique ne laissera pas pour autant les fédérations internationales se débattre seules avec un dossier potentiellement explosif : elle organisera à leur intention, dès le mois de mars 2022, une série webinaires sur le sujet, et mettra à disposition un fonds spécial de recherche.