— Publié le 8 juin 2022

Blatter et Platini devant les juges

FIFA

Il était temps. Plus de dix ans après les faits, Sepp Blatter et Michel Platini se sont présentés devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone (Suisse), mercredi 8 juin, pour la première journée de leur procès. Les deux ex dirigeants du football sont accusés d’escroquerie. Au coeur de l’affaire, le versement à l’ancien numéro 10 des Bleus et de la Juventus de Turin de la somme de 2 millions de francs suisses par l’ex président de la FIFA. Les deux hommes ont écouté sans broncher la première demi-journée du procès. En silence et certainement assez rapidement perdu par la nature des débats, cette entrée en matière étant dominée par une complexe bataille de procédure. En raison de l’état de santé très fragile de Sepp Blatter, âgé de 86 ans, le procès se tiendra seulement en matinée. Il doit durer jusqu’au 22 juin, pour une décision attendue le 8 juillet. Que retenir de cette première audition ? Peu de choses, sinon une volonté assumée des avocats de Michel Platini, 66 ans, d’en élargir le cadre, pour y inclure une procédure visant depuis 2020 l’actuel président de la FIFA, Gianni Infantino. Un façon attendue de déplacer l’accusation de l’ex président de l’UEFA vers le successeur de Sepp Blatter, soupçonné depuis longtemps d’avoir été à l’origine de la révélation du “contrat oral” entre les deux accusés. A son entrée dans le palais de justice, Sepp Blatter a confié aux médias être “confiant”. Michel Platini, de son côté, a laissé à sa défense le soin de s’exprimer pour lui. L’un de ses avocats, Me Nellen, a assuré à la sortie de l’audience que le Français était “positif et impatient“. On peut le comprendre, au moins concernant l’impatience de sortir enfin d’une affaire aux allures d’interminable feuilleton. Partie civile dans le procès, la FIFA réclame de son côté la restitution du salaire de 2 millions de francs suisses et les charges sociales payées en 2011. La somme peut sembler anecdotique pour une instance où les millions se comptent plutôt par centaines, mais en se constituant partie civile, la FIFA a pu avoir accès aux pièces du dossier. Jamais inutile.