— Published 31 July 2020

L’étau se resserre autour de Gianni Infantino

Gianni Infantino sera-t-il le prochain dirigeant sportif international emporté par le tourbillon de la corruption ? Le procureur fédéral extraordinaire suisse, Stefan Keller, a annoncé jeudi 30 juillet l’ouverture d’une enquête pénale à l’encontre du président de la FIFA. Elle s’inscrit dans le cadre d’une enquête de la justice suisse menée contre le patron du parquet fédéral, Michael Lauber. Selon Stefan Keller, il existerait “des éléments constitutifs d’un comportement répréhensible en rapport avec la rencontre entre le procureur général Michael Lauber, le président de la FIFA et le premier procureur du Haut-Valais, Rinaldo Arnold”. Les infractions constatées ? “Abus d’autorité, violation des secrets de fonction, entrave à l’action pénale et instigation à ces infractions.” Il est notamment reproché à Michael Lauber d’avoir rencontré à plusieurs reprises Gianni Infantino à l’époque où la justice suisse s’intéressait de très près à la FIFA et à son président, Sepp Blatter. Les rencontres en question, facilitées par Rinaldo Arnold, ami d’enfance de Gianni Infantino, n’ont jamais été consignées par Michael Lauber. Michael Lauber a présenté sa démission en début de semaine. Elle n’a pas encore été entérinée, mais Stefan Keller a demandé jeudi 30 juillet la levée de son impunité. Gianni Infantino a assuré dans un communiqué publié sur le site de la FIFA qu’il se mettrait à la disposition de la justice. A la vérité, il n’a pas d’autre choix. Mais sera-t-il suspendu par la commission d’éthique de l’instance internationale le temps de l’enquête ? En son temps, Sepp Blatter l’avait été, pour une période de 90 jours. Autre question : l’Italo-Suisse perdra-t-il, au moins provisoirement, son statut de membre du CIO ? L’Irlandais Patrick Hickey après les Jeux de Rio 2016, puis le Koweïtien Sheikh Ahmad al-Fahad al-Sabah en 2018, tous deux sous le coup d’une enquête de la justice, l’ont été l’un après l’autre. A ce jour, ils n’ont toujours pas retrouvé leur statut au sein de l’instance olympique.