— Publié le 6 avril 2026

Pour la FIS, l'avenir des sports d'hiver passe par l'assiette

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Améliorer les performances des athlètes, tout en agissant pour la préservation de l’environnement. Voilà l’idée de la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) avec le projet Food for White Winters. Celui-ci réunit des chercheurs, des chefs, des experts en durabilité et des athlètes, dont la triple championne olympique de ski de fond Charlotte Kalla et le doublé médaillé en ski alpin André Myhrer. Objectif : que tout ce petit monde trouve les meilleures options alimentaires pour concilier apport nutritionnel suffisant et réduction de l’impact environnemental.

Moins de viande, plus de local

Sept priorités sont citées. Réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation (sans surprise), mais aussi favoriser la santé et les performances sportives grâce à des choix alimentaires plus judicieux, préserver la saveur et le plaisir, utiliser plus de produits d’origine végétale (donc moins de viande, mais une viande de meilleure qualité), favoriser les aliments riches en fibres et les légumes, utiliser des ingrédients faciles à cuisiner et à conserver, et enfin valoriser les produits locaux. Des premiers repas alignés sur ces principes ont été servis aux athlètes, entraîneurs et bénévoles lors de l’étape de Coupe du monde d’Are, en Suède, du 13 au 15 mars.

Au menu : velouté aux champignons, des salades, du gâteau aux myrtilles, du pain au levain, du fromage local, etc. Cette expérience fera l’objet d’un rapport complet, mais la FIS a partagé des premiers enseignements. Du côté de la restauration des bénévoles, l’impact climatique a été réduit de 10% par rapport à 2025 grâce à l’accent mis sur les légumes, les légumineuses, les céréales complètes et les produits locaux. Chez les athlètes, les portions contenaient 50 grammes de viande en moins, ce qui a permis de réduire l’impact d’environ 20 %. « Une bonne ou une mauvaise alimentation ne se définit pas par la présence ou l’absence de viande. Il est tout à fait possible de se sentir rassasié et d’atteindre un niveau d’élite sans manger de viande », rappelle Linda Bakkman, l’une des expertes associées à ce test.

La production alimentaire, un quart des émissions mondiales

En poussant pour proposer des plats adaptés à l’hiver et répondant aux besoins nutritionnels spécifiques des athlètes, la FIS compte montrer la voie et servir d’exemple. « Le développement durable doit se traduire par des actions concrètes, explique Susanna Sieff, directrice du développement durable de la fédération. En testant des principes alimentaires fondés sur la science lors de nos épreuves de Coupe du monde, nous transformons nos ambitions en solutions pratiques. Sur la base des résultats obtenus, nous souhaitons continuer à développer nos recommandations alimentaires pour l’ensemble des manifestations de la FIS et, nous l’espérons, étendre progressivement l’approche Food for White Winters à l’ensemble du réseau de la FIS et au-delà. »

« Avec Food for White Winters, nous avons l’occasion de tester et de démontrer que des choix alimentaires durables peuvent apporter énergie, force et saveur, tout en réduisant l’impact climatique qui menace nos hivers », affirme André Myhrer. La production alimentaire représente plus d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Un levier majeur à activer, donc, pour tenter de préserver l’avenir des sports d’hiver.