Dimanche, les Niçois éliront leur maire pour les six prochaines années. Trois candidats se sont qualifiés pour le deuxième tour : Juliette Chesnel-Le Roux, mais surtout les deux favoris que sont le maire sortant Christian Estrosi et le challenger Eric Ciotti. Parmi les sujets au cœur de cette campagne, le projet des Alpes françaises 2030, dans lequel Nice jouera un rôle majeur en accueillant les sports de glace, un village olympique, le centre des médias et la cérémonie de clôture. Renaud Muselier, président de la région Sud, se montre plutôt confiant quant à la continuité du projet. « Il y a deux candidats, j’espère que c’est Christian qui gagnera. Pour autant, j’ai vu évoluer le discours de Monsieur Ciotti, expliquait-il à Francs Jeux en février. Au début, il était absolument contre les Jeux, et il a bien compris que s’il gagnait, il serait content d’être sur la photo et de recevoir le monde entier dans sa ville en 2030. » Le verdict des urnes dimanche pourrait tout de même avoir son importance sur des points clefs.
Nouvelle patinoire… ou pas ?
Maire depuis 2008, Christian Estrosi a été logiquement associé au projet et le défend bec et ongle. Le mois dernier, il profitait d’un entretien avec L’Equipe pour marteler que les Jeux d’hiver 2030 étaient « une opportunité à saisir », avec « 400 millions d’euros de retombées économiques et des emplois » pour les locaux. Le projet porté par le COJOP s’appuie sur la construction d’une nouvelle patinoire, à laquelle la ville et la métropole participeront à hauteur de 20%. « Je ne laisserai pas passer l’opportunité de construire la patinoire, appuie-t-il. Nous aurons en héritage une patinoire olympique pour laquelle nous aurons apporté une participation de 23 à 28 millions d’euros, soit le prix d’un petit gymnase pour une école. Si nous n’avions pas eu les Jeux, il aurait fallu remplacer la patinoire Jean-Bouin (dont la vétusté pose problème) et cela nous aurait coûté 50 à 60 millions, a minima. »
La ville de Nice devrait débourser autour de 37 millions d’euros pour ces Jeux selon le plan établi. Pas idéal selon Éric Ciotti, alors que la dette de la ville est déjà conséquente (plus de 500 millions d’euros). « Oui aux Jeux olympiques, non aux dépenses pharaoniques, rétorque-t-il. Nous avons proposé une alternative moins coûteuse, en installant la patinoire principale au palais des expositions. (…) Les Niçois méritent des Jeux prestigieux, mais pas dispendieux. » Éric Ciotti verrait aussi le village olympique pousser dans le quartier Saint-Roch plutôt qu’à côté de l’Allianz Riviera, très loin du centre-ville.
L’OGC Nice dans l’expectative
Une autre question importante se pose pour les électeurs niçois : le sort du club phare de la ville, l’OGC Nice, qui se retrouverait dépourvu de stade du 8 décembre au 15 mars. L’Allianz Riviera doit en effet être équipée d’un toit et aménagée temporairement pour recevoir le hockey sur glace en 2030. Christian Estrosi a évoqué des discussions avec la LFP pour aménager le calendrier et limiter l’impact pour les Aiglons. Il table sur un ou deux matchs à jouer à domicile pendant cette période, et proposera qu’ils se jouent « dans le futur stade de rugby des Arboras, qui comptera 15.000 places, et qui doit être réalisé d’ici 2029 ». Une éventuelle qualification en Coupe d’Europe pourrait cependant compliquer les choses.
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« Il y a des réponses techniques et opérationnelles, on trouvera des solutions », positive Renaud Muselier. Le président du club Jean-Pierre Rivère, qui a d’ailleurs apporté son soutien à Eric Ciotti, a exposé ses doutes dans l’émission Gym Tonic. La saison 2029-2030 serait « très problématique » pour le Gym, avertit le dirigeant, craignant un impact sportif et économique. Il pointe également la suppression d’un grand nombre de places de parking du stade en raison de la construction du village olympique. « On se retrouvera avec 1.400 places de parking, ce qui veut dire que vous condamnez un club et ce stade pour l’avenir. On ne peut pas avoir un tel outil, qui a coûté autant d’argent, et le condamner par des choix d’événements ponctuels. » Les électeurs trancheront dimanche. Au regard du premier tour, où il avait obtenu 43,4% des voix (contre 30,9% pour Estrosi), Eric Ciotti part avec une longueur d’avance. Pas forcément le scénario qui arrangerait le plus le comité d’organisation.

