— Publié le 12 février 2026

Martin Fourcade : « On a un modèle à trouver pour les JO d'hiver »

InterviewMilan-Cortina 2026 Focus

Martin Fourcade a beau avoir raccroché la carabine il y a déjà six ans, le Catalan aimante toujours les regards. Mercredi, au moment de s’infiltrer dans la zone mixte du stade de biathlon d’Antholz Anterselva, les téléphones se sont rapidement tendus vers le sextuple champion olympique. Malgré un emploi du temps bien rempli, il a pris le temps de répondre à Francs Jeux et de livrer son regard sur ces Jeux de Milan-Cortina 2026, dont il a visité plusieurs sites de compétition ces derniers jours.


Comment vivez-vous ces Jeux olympiques en tant que membre du CIO ?

Je suis au travail ! Je vis les Jeux différemment du grand public. J’essaie d’avoir un regard assez attentif sur l’expérience spectateurs, qui est magnifique ici sur ce site d’Antholz, mais plus compliquée dans certains autres endroits parce que ces Jeux sont très éclatés, avec beaucoup de distances. C’est un modèle qu’on a choisi parce qu’il y a de très belles choses à valoriser. Je crois qu’on est sur le meilleur des sites pour pouvoir montrer à quel point utiliser des stades existants, un savoir faire existant, investir dans des stades qui vont avoir une longue vie derrière eux, c’est une belle chose pour le sport.

On a un peu moins cette ambiance olympique multisport qui est quand même recherchée quand on est athlètes. On a un modèle à trouver, savoir juger quand c’est nécessaire d’avoir des sites qui sont extrêmement dispersés et quand on peut faire différemment. Cette unité de lieu aux Jeux olympiques, j’y suis attaché parce que je l’ai vécue et parce que j’en mesure tous les bénéfices, toutes les valeurs que ça transmet. J’ai aussi conscience du coût des Jeux, que ce soit économique ou environnemental, donc il s’agit de trouver la meilleure des formules pour allier ces deux composantes qui ne sont pas toujours simples à marier.

Justement, Émilien Jacquelin disait qu’il regrettait de ne pas pouvoir croiser d’autres athlètes ici à Antholz Anterselva.

C’est sûr que c’est particulier. Ce n’est pas la première fois non plus. Je discutais avec mon grand frère Simon, qui a vécu les Jeux de Turin en 2006, c’était exactement la même configuration qu’ici. Ça fait partie du modèle. Ça a été le cas aussi aux Jeux de Paris, sur lesquels j’ai beaucoup travaillé : la voile à Marseille, le tir à Châteauroux, le hand et le basket qui se partageaient à Lille, ou encore le surf à Tahiti. Ça fait partie d’un modèle de Jeux olympiques qui doit évoluer, et qui continuera à évoluer. Il faut arriver à prendre le maximum d’expérience ici pour faire en sorte d’améliorer les prochains Jeux, qui leur ressembleront beaucoup.

 

Vous avez le sentiment que Milan-Cortina marque un tournant dans la configuration des Jeux d’hiver ?

Non parce que même si c’est la première fois que les Jeux sont aussi éclatés, les Jeux d’hiver ont toujours été divisés en plusieurs pôles. C’était le cas à Vancouver avec trois pôles principaux, à Pyeongchang avec deux pôles, à Sotchi, où il y avait au moins quatre sites de mémoire. Ce qui est sûr, c’est qu’ici on est sur une très grande échelle, avec de très longues distances, mais si on regarde Salt Lake City en 2034, on a des Jeux qui seront à nouveau très compacts. Il faut savoir adapter les Jeux à un territoire, et non plus le territoire aux Jeux olympiques.