— Publié le 17 février 2026

« Maintenant, je peux mourir tranquille ! » Les volontaires de Paris 2024 ravivent la flamme en Italie

Milan-Cortina 2026 Focus

Leur présence saute (un peu) moins aux yeux que leurs prédécesseurs de Paris 2024. Il faut dire que Salomon s’est montré plus sobre que Décathlon dans le design de leurs tenues, dominées par le bleu marine et le bleu émeraude. Il n’empêche que les volontaires de Milan-Cortina 2026 sont là, et bien identifiables, pour aiguiller les spectateurs, les journalistes, les athlètes, les officiels et l’ensemble de la famille olympique, dans tous les clusters.

La présidente du CIO, Kirsty Coventry, en a rencontré plusieurs avant la cérémonie d’ouverture. Son message : « Les volontaires donnent de leur temps parce qu’ils croient en quelque chose et souhaitent en faire partie. Ils ne réalisent pas toujours à quel point ils contribuent au succès des Jeux, en aidant à créer l’environnement et l’esprit qui les caractérisent. Je leur ai expliqué qu’ils étaient, en quelque sorte, l’ingrédient secret de l’esprit et de la magie des Jeux olympiques. » Ils sont 18 000, issus de plus de 90 pays, à s’être engagés en Italie. Parmi eux, un certain nombre qui était déjà à Paris 2024, et qui a souhaité se replonger dans l’ambiance olympique.

« Il n’y a rien de mieux que les JO »

Pour Éric, venu en voiture depuis Nantes, « c’est une chance folle ». Ce quinquagénaire a été retenu parmi les 130.000 candidatures, malgré un anglais très scolaire de son propre aveu. « Je pense que l’enthousiasme a joué », sourit-il. Et ça, il n’en manque pas. « Il n’y a rien de mieux que les JO. J’ai toujours fait du bénévolat, j’ai fait partie du bureaux de plusieurs associations, j’ai été juge en tennis de table et en gymnastique… Faire une compétition internationale, c’est le graal, la récompense ultime. »

Il a déboursé autour de 2.000 euros pour vivre ses deuxièmes Jeux olympiques. « Comme disait Thierry Roland a l’époque, maintenant, je peux mourir tranquille ! », ironise-t-il en référence à la célèbre phrase du commentateur lors de la finale de la Coupe du monde 1998. « Ça vaut le coût quand même », assure Delphine, venue de la région niçoise. « J’ai vécu une aventure extraordinaire lors des JO de Paris, j’avais envie d’en vivre une autre, ici, à la montagne. En 2024, j’avais la chance d’être au village olympique : tout le monde avait le sourire, aussi bien dans la ville que sur les différents sites. Que du bonheur ! Ça restera vraiment une des meilleures expériences de ma vie. »

Grand fan de biathlon, François (48 ans) a été affecté où il le souhaitait, à Antholz Anterselva. « Ce que j’ai vécu à Paris, je me suis dit que je pourrais le revivre ici, même si le contexte est différent. J’étais déjà venu pour voir une étape de Coupe du monde à Anterselva et je suis toujours autant émerveillé par le site, qui est vraiment grandiose. » L’ambiance est elle aussi au rendez-vous. « C’est très bon enfant, très chaleureux », confirme Carole, dont l’uniforme suscite déjà les convoitises. « On m’a proposé un peu de sous pour mon bonnet il y a dix minutes, mais comme le bob de Paris, je ne vendrai rien ! »

Les Alpes 2030 en ligne de mire

Tous les volontaires interrogés ont en commun de s’illuminer dès que l’été 2024 arrive dans la discussion. « Ma fille me fait remarquer que je mets quasiment tout le temps mes survet’ de Paris 2024 », sourit Éric, profondément attaché à ces souvenirs. « Je ne suis pas redescendu de mon nuage. Encore aujourd’hui, quand j’en parle, j’ai des étoiles dans les yeux. Les gens ne peuvent pas comprendre. Ils ont pu voir que c’était une réussite, mais le vivre de l’intérieur, avoir apporté une petite pierre à l’édifice d’un tel évènement… J’étais chauffeur à la porte d’Auteuil, je commençais à 6h, et j’arrivais même parfois à 5h30 pour prendre un café. C’était génial. »

Carole, membre de l’association Volontaires français, était en poste à Roland Garros, au service des athlètes. « Le top du top pour les bénévoles », savoure l’Alsacienne. « Une fois qu’on a goûté aux JO, on a envie d’y retourner. C’est vraiment une super expérience humaine. J’ai rencontré une amie à Paris, on s’était dit qu’on candidaterait ensemble pour Milan-Cortina et on a réussi à se retrouver. Paris 2024 a créé une belle amitié. »

François a quant à lui tissé des liens avec des volontaires portugais ou espagnols. Une expérience « unique », dont est née une conviction : « Tant que je peux, je ferai du bénévolat pour les événements sportifs. » Le Girondin pense d’ores et déjà aux Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. « Si l’opportunité se présente, j’irai, sans aucun doute », affirme-t-il. Carole, Delphine et Éric aussi. Un autre héritage de Paris 2024.