— Publié le 12 février 2026

Max Cobb : « Une énorme opportunité pour le biathlon de déployer ses ailes »

InterviewMilan-Cortina 2026 Focus

Après le relais mixte, l’individuel hommes et l’individuel femmes, le monde du biathlon aura les yeux rivés sur l’enchaînement sprint-poursuite à partir de vendredi. Le secrétaire général de l’IBU, Max Cobb, fait le point sur ces Jeux pas comme les autres, qui réunissent toutes les conditions pour faire passer un cap supplémentaire à son sport.


Antholz est souvent décrit comme le plus beau site de la Coupe du monde de biathlon. Est-ce l’endroit idéal pour les Jeux ?

Absolument. Tout d’abord, c’est un site vraiment emblématique avec ces montagnes imposantes en arrière-plan. Pour moi, c’est la cathédrale du biathlon. Nous avons aussi une longue histoire de plus de 50 ans d’événements internationaux de biathlon ici. C’est un peu comme si on rentrait à la maison. Nous sommes très fiers d’avoir la plus grande capacité d’accueil de tous les sites des Jeux de Milan-Cortina. Avec 19.000 places disponibles, nous nous attendons à être complets la plupart des jours.

Revenir dans un pays qui a une telle tradition de biathlon, cela rend aussi ces Jeux encore plus spéciaux ?

Absolument. Cela fait 20 ans que nous n’avons pas organisé les Jeux olympiques au cœur de l’Europe centrale, le cœur battant des sports d’hiver. La dernière fois, c’était à Turin, mais sur un site qui avait été construit spécialement pour les Jeux, puis démantelé. Pouvoir être dans un site historique de biathlon, au cœur du territoire historique des sports d’hiver, c’est tout simplement fantastique. C’est une énorme opportunité pour le biathlon de vraiment déployer ses ailes et de séduire un segment plus large de la population, notamment en Italie. Les Championnats du monde que nous avons organisés ici en 2020 ont réalisé des audiences encore plus élevées en Italie que n’importe quelle édition des Jeux olympiques. Nous pouvons vraiment faire découvrir ce sport à une nouvelle génération et à des pays qui ne l’ont pas encore totalement adopté jusqu’à présent.

Compte tenu de cet environnement et du développement de votre sport, ces Jeux seront-ils les plus grands de l’histoire du biathlon ?

J’aime dire que lorsque les Jeux olympiques sont à leur apogée, chaque édition s’appuie sur celle qui l’a précédée. Ce serait un peu injuste de faire une comparaison directe avec des grandes éditions comme Lillehammer ou Salt Lake City, où nous avons eu des foules immenses venues nous soutenir. Mais je pense que nous assisterons à des Jeux olympiques extraordinaires, qui satisferont pleinement les athlètes et les fans. En termes de nombre total de billets vendus, nous battrons des records, cela ne fait aucun doute. À Salt Lake, lors de notre meilleure journée, 26.000 spectateurs étaient là. Le site est plus petit à Milan-Cortina mais en termes de billets vendus au total, nous dépasserons largement les chiffres enregistrés à Salt Lake City (l’IBU attend près de 200.000 spectateurs au total, ndlr).

Le biathlon est le sport d’hiver numéro 1, mais est-ce aussi le cas aux JO ?

Nous sommes le sport d’hiver numéro 1 en Europe si l’on considère notre Coupe du monde et nos Championnats du monde. Mais pendant les Jeux olympiques, beaucoup de sports qui ne retiennent pas autant l’attention habituellement sont vraiment mis en avant. Certaines disciplines plus exotiques attirent un large public, par exemple le half-pipe et certaines épreuves acrobatiques. Les audiences sont beaucoup plus équilibrées pendant les Jeux olympiques. Je pense que nous aurons d’excellents résultats, mais nous ne verrons pas autant de différences que pendant la saison normale, où nous sommes assez nettement au-dessus des autres sports d’hiver. Pendant les Jeux, il y a une telle couverture médiatique que cela équilibre les choses.

En 2022, Johannes Boe, Quentin Fillon Maillet et Marte Olsbu avaient largement dominé les Jeux. Cette année, la compétition semble beaucoup plus ouverte. Est-ce une bonne chose ?

Oui, c’est fantastique. Cette saison fait naître de nouveaux héros. On voit beaucoup de suspense et un grand nombre d’athlètes différents sur le podium. C’est vraiment très excitant. Le plateau est beaucoup plus ouvert et c’est tout simplement génial. Ce qui est formidable avec le biathlon, c’est son côté imprévisible. Et cette saison l’est encore plus. Nous pouvons déjà le constater dans les chiffres d’audience en Finlande, en France ou en Italie, où il y a eu une forte hausse grâce aux performances nationales. L’audience de l’étape de Coupe du monde du Grand-Bornand a battu tous les records en France avec plus de 1,6 million de téléspectateurs devant la mass start. Je ne peux qu’imaginer que les chiffres seront encore supérieurs aux Jeux olympiques, qui bénéficient d’une bien meilleure visibilité.

Revenir sur un site traditionnel, cela change aussi les choses pour l’expérience des fans et des athlètes ?

Oui. Le biathlon est un sport très apprécié en Europe centrale et dans les pays nordiques, et l’accessibilité à Antholz pour nos fans est radicalement différente par rapport aux dernières éditions. Les amis et les familles des athlètes peuvent venir relativement facilement, dans un endroit qu’ils connaissent déjà. Tous ces éléments contribuent à rendre l’expérience vraiment différente, tant pour les fans que pour les athlètes. Ce sera merveilleux pour les athlètes de savoir que leurs amis et leur famille peuvent venir assister aux Jeux, se mêler à la foule et les soutenir. Le fait d’être dans un lieu bien connu des athlètes a également, je pense, un effet très apaisant sur eux. Le biathlon est un sport où l’on essaie de minimiser les variables afin de rester concentré et de pouvoir donner le meilleur de soi-même. Se rendre dans un nouveau pays est intéressant, mais c’est aussi difficile et exigeant pour les athlètes. À Antholz, ils peuvent plus facilement se concentrer et vraiment donner le meilleur d’eux-mêmes.