— Publié le 27 janvier 2026

Le stade d'eau vive d'Oklahoma City bientôt en mode olympique

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Le parfum de Los Angeles 2028 commence doucement à se répandre à Oklahoma City. Dans deux ans et demi, OKC accueillera le tournoi de softball et les épreuves de canoë-kayak slalom des Jeux. Le stade d’eau vive aura d’ailleurs droit à une répétition générale dès cet été avec les Championnats du monde, du 20 au 25 juillet. L’occasion pour plus de 300 athlètes de prendre des repères sur le site, qui fait actuellement l’objet de précieuses retouches, orchestrées par l’entreprise française Hydrostadium.

Nouveaux obstacles pour une nouvelle vie

Ouvert en mai 2016, le stade d’eau vive Oklahoma Riversport a déjà accueilli les sélections olympiques américaines pour le slalom (2016 et 2024) et le kayak cross (2024), ainsi que de nombreuses compétitions nationales et internationales. Compte tenu des échéances à venir, le stade avait cependant besoin d’une remise à niveau. « Le changement majeur, c’est le remplacement du système d’obstacles mobiles, qui commençait à se dégrader, explique Félix Bouvet, multiple médaillé mondial et responsable de l’activité eau vive chez Hydrostadium. On s’occupe aussi de l’accastillage du deuxième bras. Il n’était pas équipé donc on installe des poteaux, des câbles et des portes de slalom, tout ce qui permet de faire les compétitions. On a d’autres missions : aider à résoudre un problème de turbulence à la sortie de la station de pompage, qui fait que toute la zone de départ est un peu agitée, installer deux vannes toits à l’entrée de chacun des bras afin de réguler le débit et permettre la création d’une vague à surf, et enfin mettre en place une rampe de kayak cross. »

Richard Fox, président de la commission slalom de l’ICF, se montre enthousiaste au moment d’évoquer l’évolution de ce stade. « La modernisation des obstacles permettra d’avoir une approche plus flexible. Au final, nous aurons un parcours pouvant être adapté aux compétitions de niveau olympique, mais également aux besoins récréatifs. C’est essentiel pour l’attrait du centre », nous confie-t-il. Les nouveaux obstacles et la rampe de kayak cross seront opérationnels dès le mois de mars, pile à temps pour l’épreuve ICF Ranking (27-29 mars). Ces interventions permettront aussi au Whitewater Center d’optimiser ses dépenses énergétiques.

« Actuellement, en l’absence de vanne toit, si on veut mettre 10 mètres cubes dans le bras de rafting, le bras de compétition en avale une partie parce qu’on ne peut pas le fermer. Pour avoir 10 mètres cubes dans le bras de rafting, on doit allumer cinq pompes et pomper 25 mètres cubes. On se retrouve avec trois pompes qui tournent pour rien. Les vannes permettront d’éviter de gaspiller du débit dans un bras qui n’a pas besoin d’être alimenté. On pourra faire passer l’intégralité des 10 mètres cubes dans le bras de rafting. » Dès la phase de conception, Hydrostadium intègre un système de vannes destiné à maîtriser et à réduire l’impact écologique des stades d’eau vive en s’appuyant sur son expertise dans le domaine de l’hydroélectricité Les obstacles installés sont d’ailleurs fabriqués en France, avec 40% de matière première recyclée, et pourront rester sur le site une vingtaine d’années. Autant d’éléments qui assureront un héritage durable à Oklahoma City.

Des stades qui apportent « une valeur ajoutée pour la collectivité »

Hydrostadium compte plusieurs anciens sportifs de haut niveau dans ses effectifs afin de développer une vision plus complète de ces projets. Elle s’est fait un nom dans le milieu du canoë-kayak en travaillant avec Sydney 2000, Athènes 2004, Pékin 2008 et en apportant son expertise sur le site de Vaires-sur-Marne pendant les Jeux de Paris 2024. Elle était le partenaire privilégié des Championnats du monde l’an dernier à Penrith, sur le site des JO 2000, qui a véritablement lancé l’histoire d’Hydrostadium. « Ce site a été conçu pour les Jeux olympiques, à un coût raisonnable, et c’est encore l’un des meilleurs du monde 25 ans après. C’est un énorme héritage », se félicite Richard Fox.

L’entreprise française, filiale d’EDF, travaille aussi sur un projet de stade à Perth avec la fédération australienne. C’est donc en toute logique qu’elle regarde désormais vers Brisbane 2032. « On a un lien historique particulier avec l’Australie, et c‘est un projet qui a du sens, autant sur le plan symbolique, sportif et de la sobriété. On a une histoire avec l’olympisme que l’on entend bien cultiver », confirme le directeur général Stanislas Lequiller. Le comité d’organisation australien a déjà affiché son souhait d’un stade d’eau vive sobre et compatible avec différents usages. « Cette philosophie nous va bien, c’est le modèle de stade que l’on pousse et que l’on a réalisé, par exemple, à Cesson-Sévigné ou à Épinal, deux sites qui ont accueilli des Championnats de France et de grandes compétitions, reprend Stanislas Lequiller. Des stades qui répondent aux besoins sportifs, bien entendu, mais qui apportent aussi une valeur ajoutée pour la collectivité avec de la production d’électricité, le respect de la continuité écologique pour les poissons dans la rivière, une partie entraînement pour les pompiers, un usage scolaire… C’est ce que l’on vise. »

Vue aérienne du stade d’Epinal.

Richard Fox rejoint logiquement ce point de vue : « Le canoë-kayak slalom est une activité de niche, cela ne suffit pas pour soutenir l’exploitation de tels sites. Nous voyons de plus en plus d’installations qui intègrent les besoins des communautés grâce à la formation des services d’urgence, des activités de loisirs, du rafting… C’est la bonne direction. Cette vision holistique est vraiment importante pour maximiser les bénéfices sociaux. » Comme le souligne le président Thomas Konietzko, les stades d’eau vive ont montré qu’ils pouvaient « faciliter la croissance économique, la cohésion sociale et la protection environnementale ». En découle une conviction face aux défis actuels : « Notre sport, et les stades d’eau vive, sont bien placés pour jouer un rôle modeste mais significatif dans la recherche de solutions. »