— Publié le 11 février 2026

L'IA, un « facilitateur » omniprésent dans la diffusion des Jeux

Milan-Cortina 2026 Focus

L’intelligence artificielle est partout, et évidemment dans le sport. Le CIO s’en est emparé en lançant un agenda olympique dédié en 2024. Déjà présente lors des Jeux de Paris, l’IA le sera encore aux Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026. Un « facilitateur » désormais indispensable selon l’instance, notamment en matière de storytelling, pour accompagner les diffuseurs, mettre en avant les athlètes et stimuler l’intérêt du public.

Rendre les sports plus compréhensibles

Yiannis Exarchos, CEO d’Olympic Broadcasting Services et Directeur exécutif d’Olympic Channel Services, résume l’intérêt des nouvelles technologies en trois points : l’habilitation (faire des choses qui étaient impossibles auparavant), l’engagement (rendre le récit et la couverture des Jeux plus passionnants et plus captivants) et l’efficacité (rendre les Jeux plus durables, plus faciles à gérer). L’IA est utilisée de différentes manières, par exemple pour générer très rapidement des ralentis à 360 degrés. « À Paris, nos détenteurs de droits médiatiques ont vraiment apprécié, ils ont beaucoup utilisé ces ralentis à l’antenne et sur les réseaux sociaux », explique Exarchos. La possibilité de choisir l’angle de vue permet par exemple de décomposer un saut acrobatique, de l’analyser, d’apprécier la technique et la précision de l’athlète. « Cela rend le sport plus compréhensible et bien sûr, cela rend les efforts des athlètes plus impressionnants. »

L’IA améliore aussi l’expérience des téléspectateurs en générant des données. En bobsleigh, skeleton et luge, des graphiques alimentés par l’IA affichent les positions des athlètes en temps réel pour montrer clairement qui est en tête et avec quelle avance. En ski alpin, les échanges radio entre les athlètes et les entraîneurs sont diffusés en direct pour la première fois, et l’IA génère la traduction en anglais des extraits sélectionnés, pour que les téléspectateurs soient davantage immergés dans les coulisses.

Autre discipline concernée, le curling, « un sport incroyablement technique, mais difficile à apprécier pleinement », explique Exarchos. Désormais, des données sur la vitesse de la pierre, sa trajectoire et son sens de rotation sont incrustées sur le côté de l’écran. « Les JO sont une opportunité unique d’atteindre un public plus large. Nous devons donc trouver des moyens de rendre ces sports très facilement et très rapidement compréhensibles pour le grand public. »

« Satisfaire tous les modes de consommation »

La production automatisée des résumés des compétitions, déjà en place à Paris, est aussi perfectionnée à Milan. « C’est extrêmement utile pour des événements de grande envergure comme les Jeux olympiques car cela permet à chaque diffuseur de personnaliser le contenu en fonction de son pays, de chaque sport et de chaque athlète. Ils peuvent choisir la durée qu’ils souhaitent, s’ils veulent insérer de la publicité, etc. À Paris, le système a fourni 100.000 courts résumés. C’est en partie pour cette raison que les Jeux de Paris ont eu une telle visibilité. Nous le ferons pour la première fois pour les Jeux d’hiver. »

Quelque 6.000 heures de contenus seront produites pour ces Jeux. « Il existe aujourd’hui tellement de plateformes différentes, chacune avec ses propres modes de consommation. Nous devons permettre aux diffuseurs d’utiliser tous ces types de contenus, c’est pourquoi nous finissons par produire autant, ce qui n’aurait bien sûr pas été possible sans la technologie. » L’IA permettra-t-elle, au bout de la chaîne, d’augmenter les recettes ? Elle apparaît en tout cas comme un outil intéressant alors que les revenus des Jeux d’hiver sont restés stables depuis Vancouver 2010.

« Le point de départ consiste à s’assurer que nous fournissons un produit exceptionnellement attrayant pour toutes les catégories démographiques et toutes les zones géographiques, répond Exarchos à Francs Jeux. En 2024, si les Jeux ont occupé une place aussi centrale dans la vie quotidienne de chacun, c’est précisément en raison de la diversité des contenus, qui pouvaient être consommés de tant de façons différentes. Même si les revenus et leur augmentation sont un effet secondaire, nos efforts y sont étroitement liés car nous nous efforçons de satisfaire tous les modes de consommation possibles, pour tous les publics possibles. »