— Publié le 29 janvier 2026

Beau Welling : « Être le premier sport du programme, c'est un énorme atout »

InterviewMilan-Cortina 2026 Focus

Élu à la tête de World Curling en septembre 2022, Beau Welling s’apprête à vivre ses premiers Jeux olympiques d’hiver dans cette position. Le dirigeant se confie à Francs Jeux à l’aube de ce grand rendez-vous, où son sport occupera une place privilégiée : le curling ouvrira ces Jeux, dès le mercredi 4 février, et sera au programme chaque jour jusqu’au dimanche 22.


Comment vous sentez-vous à quelques jours de vos premiers Jeux en tant que président de World Curling ?

Je suis plus qu’impatient ! Cela fait très longtemps que j’attends ce moment. J’arriverai à Milan le 1er février, je participerai aux réunions du CIO et j’assisterai à la cérémonie d’ouverture. Ensuite, j’arriverai à Cortina le 7 février et j’y resterai jusqu’au bout.

Que pensez-vous du site de compétition ?

C’est un lieu fantastique, chargé d’histoire. C’est une superbe arène, on aura de magnifiques images à la télévision. Nous avons déjà eu notre test event ici, les Championnats du monde Juniors, et on a pu voir à quel point c’était un site magnifique. C’est un stade qu’on a pu voir dans un James Bond, c’est plutôt cool. En fait, ce lieu incarne le passé, le présent et le futur à la fois. Ce sera vraiment super. Cortina est aussi un endroit spécial, on a toutes les raisons d’être enthousiastes.

Ouvrir les Jeux, c’est une vraie chance pour la visibilité du curling ?

C’est déterminant. Tous les quatre ans, nous avons cette opportunité de toucher le monde entier. C’est dû en partie au fait que nous soyons le premier sport du programme, mais c’est aussi parce que nous avons des compétitions tous les jours. Les gens pourront voir du curling deux jours avant la cérémonie d’ouverture, et chaque jour jusqu’à la cérémonie de clôture. Nous sommes le sport qui propose le plus de temps de compétition. C’est un levier majeur pour notre sport, pour toucher de nouveaux publics. Je viens des États-Unis, d’un coin où il n’y a pas de curling, mais j’ai été fasciné en voyant des images de Calgary 1988. C’est un énorme atout pour faire grandir notre sport. On ressent une responsabilité à l’égard du Mouvement olympique et de la famille olympique d’offrir une belle compétition, avec des athlètes fantastiques.

Qu’est-ce qui rend le curling immanquable ?

C’est un sport simple et complexe à la fois. On le résume parfois en disant que c’est une partie d’échecs sur la glace, c’est un sport très stratégique et très intéressant à suivre. C’est accessible car tout le monde peut imaginer y jouer, ce qui n’est pas le cas du bobsleigh ou d’autres disciplines. C’est un sport que l’on peut pratiquer à tout âge, comme le golf, que l’on soit très jeune ou âgé. Tout ça le rend vraiment attractif quand on le voit à la télévision.

Doit-on s’attendre à des nouveautés lors de ces Jeux ?

En termes de diffusion, oui. Il y aura des nouveautés dans la façon dont le curling est présenté, avec plus de données, plus d’informations proposées aux téléspectateurs. Cela rendra le sport encore plus intéressant. Plus on rend notre sport compréhensif, mieux c’est. Le public est de plus en plus friand de données et de statistiques, nous pourrons lui en offrir davantage.

Le curling va retrouver son public, c’est aussi un élément non négligeable ?

Le curling, par définition, est un sport de camaraderie, de fraternité. Généralement, les deux équipes se retrouvent pour boire un verre à la fin et socialiser. Ça se traduit aussi dans les tribunes avec une ambiance conviviale. Il y avait beaucoup de contraintes à Pékin. Cette fois, avec tous les sports de glisse, on aura une atmosphère très festive dans le village. Les JO, c’est la camaraderie, partager avec les autres, et c’est dans l’ADN de notre sport.

Pour la troisième fois, le double mixte sera au programme. Qu’est-ce que cette compétition apporte ?

C’est un curling beaucoup plus rapide et dynamique. Les matchs sont plus courts, ça pousse à se montrer plus offensif. C’est un super produit pour la télévision, très excitant. C’est parfait pour lancer les Jeux et captiver le public. Il permet aussi à des pays de se faire une place, par exemple l’Estonie, qui a une belle chance de médaille pour sa première participation. On a beaucoup appris grâce au double mixte, ça nous donne des pistes de réflexion pour améliorer le curling traditionnel. À tout point de vue, c’est un ajout fantastique pour nous.

Le curling dispose d’un quota de 120 athlètes. C’est satisfaisant, ou vous en espérez davantage à l’avenir ?

Chaque sport en veut plus, évidemment. Nous aussi, on adorerait avoir plus d’athlètes, plus de pays en lice. Comme le double mixte est plus rapide, viendra peut-être un jour où nous aurons davantage d’athlètes et de pays engagés dans cette compétition (huit pays étaient engagés en 2018, ils sont dix depuis Pékin 2022, ndlr). C’est envisageable.