C’est un caillou de plus dans la chaussure, et le comité d’organisation des Alpes françaises 2030 s’en serait bien passé. L’élection d’Eric Ciotti comme maire de Nice vient contrarier les plans établis pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. Le COJOP avait une feuille de route claire avec le maire sortant, Christian Estrosi, mais sa défaite a rebattu les cartes. Et de nouvelles questions se posent quant aux sites olympiques niçois.
« Extrêmement attaché à ce que les Jeux se tiennent à Nice »
Pendant la campagne électorale, le député avait exprimé son opposition au projet de construire une nouvelle patinoire, privilégiant l’aménagement temporaire du Palais des expositions. Il a balayé l’idée de convertir temporairement l’Allianz Riviera pour accueillir le hockey sur glace, jugée trop couteuse et défavorable au club de l’OGC Nice. Son avis diverge aussi quant au site du futur village olympique. Vendredi, lors de son premier conseil municipal, la prise de parole du nouveau maire était forcément attendue. « Je suis bien entendu extrêmement attaché à ce que les Jeux olympiques se tiennent à Nice et nous allons désormais travailler dans ce sens. Nous allons mettre toutes les questions qui peuvent faire débat sur la table », a-t-il annoncé.
Il a précisé que des réunions techniques seraient rapidement organisées « avec pour objectif que les Jeux se tiennent comme prévu à Nice, même s’il peut y avoir sur telle ou telle épreuve des modalités ou des lieux d’organisation différents ». Le temps est compté : alors que le COJOP avait déjà pris du retard, le changement de maire va obliger à de nouvelles expertises, de nouveaux chiffrages, en sachant que l’équilibre budgétaire est un point ô combien sensible et que la carte des sites doit être validée fin juin.
Chaque jour, nous ne suivrons qu’une seule ligne de conduite : faire de Nice une ville plus heureuse tournée vers les Niçois !
— Eric Ciotti (@eciotti) March 28, 2026
Des espaces verts, un grand soin pour nos écoles, de la propreté dans la rue, une attention au bien-être de nos animaux, le retour de la culture, tout… pic.twitter.com/9njhF7DHne
Un mois pour y voir plus clair
Ce n’est un secret pour personne : le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, espérait que Christian Estrosi soit réélu. Il faudra pourtant faire avec Eric Ciotti. Une réunion est prévue en milieu de semaine « pour voir les solutions que l’on peut trouver compte tenu de la rapidité des décisions », a indiqué Muselier, en fixant le calendrier : « Nous devons valider, dans le cadre de la préparation des Jeux olympiques et paralympiques, la totalité des sites sur toute la France pour lancer les appels d’offres et les marchés. Il faut trouver une solution entre le 15 et le 30 avril. » Ce qui laisse à peine un mois pour se mettre d’accord.
Le plan proposé par Eric Ciotti a été évalué par des experts qualifiés. Ils ont conclu que cela relevait « du niveau d’un championnat du monde juniors » et qu’il ne correspondait « pas au niveau d’exigence demandé pour les Jeux olympiques », rapporte Renaud Muselier auprès de France Info. Une piste revient avec insistance dans ce contexte incertain : Lyon, avec la LDLC Arena, qui accueillera les Championnats du monde de hockey sur glace en 2028, et son parc des expositions, qui pourrait être aménagé pour recevoir des patinoires, comme à Milan en février. Cette solution va être expertisée selon Le Parisien. Et l’horloge, elle, continue de tourner.

