— Publié le 30 mars 2026

Les tests génétiques font réagir les FI et les CNO

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Le Comité international olympique a tranché : les athlètes souhaitant concourir dans la catégorie féminine aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028 devront se soumettre à un test génétique de féminité. Une décision prise après la consultation d’experts médicaux et d’athlètes. Kirsty Coventry a précisé jeudi que la mise en œuvre de ces tests reposera sur les fédérations internationales et les comités nationaux olympiques. Certains d’entre eux ont justement réagi à ce sujet.

Les FI plutôt satisfaites

Les rares fédérations internationales à avoir pris la parole jusqu’à présent ont toutes exprimé leur soutien au CIO. C’est le cas de World Gymnastics, qui a salué cette décision dans un communiqué vendredi. « Nous soutenons l’engagement continu du CIO à établir un cadre clair et cohérent pour la compétition, essentiel à l’intégrité du sport. Pour la communauté mondiale de la gymnastique, cette décision représente une étape importante vers plus de transparence et d’équité. World Gymnastics reste déterminée à travailler en collaboration avec le CIO et les parties prenantes concernées afin de favoriser un environnement respectueux, inclusif et responsable. »

Même son de cloche du côté de la Fédération internationale de volleyball : « La politique du CIO s’aligne étroitement sur l’approche actuelle de la FIVB en matière d’éligibilité selon le genre dans les compétitions internationales, qui vise à garantir une compétition équitable pour tous les athlètes, tout en respectant le principe d’inclusivité dans le volleyball. La FIVB reconnaît que la protection de la catégorie féminine est essentielle pour garantir l’équité, la sécurité et l’égalité des chances pour les athlètes féminines, tout en préservant l’intégrité de la compétition internationale. »

World Athletics, qui avait pris les devants en imposant ces tests avant les Championnats du monde 2025, a réagi par le biais d’un porte-parole auprès du quotidien L’Equipe : « Pour attirer et fidéliser davantage de jeunes filles et de femmes dans le sport, il est indispensable de garantir l’égalité des chances et de supprimer tout plafond de verre lié au biologique. Cela signifie que le genre ne peut pas primer sur la biologie. Une approche cohérente dans tous les sports est forcément une bonne chose. »

Le président de l’Association internationale de boxe, Umar Kremlev, s’est quant à lui félicité que le CIO donne raison à sa fédération. « Pendant des années, le CIO a fermé les yeux sur ce qui détruisait le sens même du sport féminin, et il est désormais contraint de corriger ses propres erreurs. C’est une victoire du bon sens que le CIO en soit enfin arrivé aux mêmes principes que l’IBA défend depuis des années. Nous avons établi des critères de participation clairs bien avant que cela ne devienne « évident » pour le reste du monde. Nous avons toujours protégé nos athlètes féminines, en particulier lorsque d’autres ont choisi le silence ou la convenance politique. » Les autres FI n’ont pas pris position publiquement.

Un « retour en arrière » selon la France

Du côté des CNO, les avis divergent. Le Comité olympique australien applaudit, en estimant que « cette décision apporte de la clarté aux athlètes féminines ». En Nouvelle-Zélande, Nicki Nicol demande encore à voir. « Notre priorité est désormais de bien comprendre cette politique et de travailler en étroite collaboration avec nos fédérations sportives, la Commission des athlètes et l’ALN (Athlete Leaders Network) afin de garantir que les prochaines étapes soient abordées avec une compréhension claire, du respect et de la bienveillance, a déclaré la directrice exécutive du NZOC. Il s’agit d’un domaine complexe et sensible qui touche directement les personnes. »

En France, le CNOSF soulève « des questions éthiques et scientifiques majeures », tout en rappelant les difficultés pratiques, puisque ces test sont interdits par la loi dans l’Hexagone. L’an dernier, avant les Championnats du monde, les boxeuses françaises avaient été obligées de faire ces tests à l’étranger, mais un problème de délais les avait empêchées de participer. La ministre des Sports Marina Ferrari a exprimé sa « grande préoccupation » au nom du gouvernement français : « Nous nous opposons à une généralisation de tests génétiques qui soulève de nombreuses questions éthiques, juridiques et médicales, notamment au regard de la législation française en matière de bioéthique. Ces tests, mis en place à partir de 1967, ont pris fin en 1999 du fait des fortes réserves de la communauté scientifique quant à leur intérêt. La France regrette ce retour en arrière. »

Le CNOSF appelle à « progresser de manière concertée sur ce sujet complexe et sensible, dans le respect à la fois des droits fondamentaux des personnes concernées et de l’intégrité des compétitions. Le séminaire annoncé par le CIO avec les Comités nationaux olympiques dans les jours ou semaines à venir sur la mise en œuvre des annonces du jour sera en ce sens très utile ; il est très attendu par le CNOSF. » Beaucoup de questions pour l’instant, et pas encore toutes les réponses.