Dès sa prise de fonction comme présidente du CIO, Kirsty Coventry a mis en action un mot qu’elle n’a cessé de marteler : le dialogue. C’est sur ce fondement qu’elle a lancé le processus Fit for the Future pour consulter toutes les parties prenantes et « procéder à des réajustements là où nous le jugeons nécessaire » pour renforcer le Mouvement olympique. Quatre groupes de travail ont été créés en septembre pour approfondir plusieurs sujets clefs. Ce jeudi, la commission exécutive du CIO a justement adopté une nouvelle Politique sur la protection de la catégorie féminine dans le sport olympique. Le premier message fort du mandat de Kirsty Coventry.
Sécurité et équité
Cette politique est détaillée dans un document de 13 pages, qui explique la démarche. Le grand enseignement : « L’admissibilité à toute épreuve féminine des Jeux olympiques ou d’un autre événement du CIO, qu’il s’agisse de sports individuels ou d’équipe, est désormais réservée aux personnes de sexe biologique féminin, déterminé sur la base d’un dépistage du gène SRY ». Ce test sera à réaliser une seule fois, par prélèvement salivaire, buccal ou sanguin. Le CIO s’est appuyé sur les données scientifiques pour prendre cette décision, estimant que la présence du gène SRY « représente une preuve extrêmement fiable qu’un athlète a connu un développement sexuel masculin ». Ce qui change la donne sur le terrain.
« Je comprends que c’est un sujet sensible, explique Kirsty Coventry dans une vidéo. La science est très claire : les chromosomes masculins donnent des avantages de performance dans les sports qui reposent sur la force ou l’endurance. Aux Jeux olympiques, les marges de performance les plus infimes peuvent faire la différence entre la victoire et la défaite. Il apparaît donc tout à fait évident qu’il ne serait pas équitable que des personnes de sexe biologique masculin concourent dans la catégorie féminine. De plus, dans certains sports, une telle situation ne serait tout simplement pas compatible avec les exigences de sécurité. » Un discours déjà entendu à Paris 2024, quand la boxeuse Angela Carini avait déclaré qu’elle ne se déclarait pas en sécurité dans le ring face à la future championne olympique Imane Khelif.
The International Olympic Committee announces new Policy on the Protection of the Female (Women’s) Category in Olympic Sport.
— IOC MEDIA (@iocmedia) March 26, 2026
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Un millier d’athlètes consultés sur le sujet
Elle-même ancienne Olympienne, Kirsty Coventry n’a de cesse de rappeler que le athlètes sont au cœur de toutes les décisions prises par l’instance. Plus de 1.100 d’entre eux, hommes et femmes, ont justement participé à une enquête en ligne pour donner leur avis sur la protection de la catégorie féminine. « Les retours issus de la consultation des athlètes ont révélé que même s’il existait des nuances en fonction du sexe et du genre, de la région et du statut des athlètes (en activité ou à la retraite), il y avait également un fort consensus sur le fait que l’équité et la sécurité dans la catégorie féminine nécessitaient des critères d’admission clairs, basés sur la science, et que la protection de la catégorie féminine devait être une priorité », conclut le CIO.
Cette politique a été adoptée par la commission exécutive « à l’unanimité », souligne Coventry, « très fière » de cette avancée. Les athlètes présentant le gène SRY, y compris les athlètes transgenres et les athlètes avec des troubles du développement sexuel, devront donc concourir, selon les situations, dans la catégorie masculine ou dans une catégorie ouverte, lorsque les épreuves ne classifient pas les athlètes par genre. Le CIO a organisé une conférence de presse dans la foulée de l’annonce. Jane Thornton, directrice du département de la santé, de la médecine et des sciences du CIO, y a longuement détaillé cette politique.
Kirsty Coventry était aussi présente et a répondu aux questions des médias. « Nous n’avons pas toutes les réponses aujourd’hui », a-t-elle reconnu, en précisant que certaines FI, plus avancées sur le sujet, partageaient leur expérience pour permettre de mettre en place cette politique de la manière la plus appropriée possible. Ces tests ont déjà été mis en place par World Athletics ou World Boxing, non sans quelques remous. Des ateliers et des webinaires seront organisés avec les FI et les CNO. « Nous avons du temps », rassure Coventry, en rappelant que cette politique entrera en vigueur pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

