— Publié le 24 mars 2026

L'AMA face au casse-tête des mauvais payeurs

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Le Comité exécutif de l’Agence mondiale antidopage s’est retrouvé pour la première fois de l’année, dans une réunion virtuelle et non pas à Bakou, comme prévu initialement, en raison des tensions au Moyen-Orient. Le président de l’AMA, Witold Banka, a salué  « le haut niveau d’engagement des membres du Comité exécutif » alors que plusieurs sujets clefs étaient sur la table. Parmi eux, les difficultés posées par le non-paiement des contributions des Etats, qui commencent à peser lourd.

Un trou de plusieurs millions d’euros

Selon The Athletic, l’AMA a reçu 18,4 millions d’euros en 2025… alors que les versements auraient dû atteindre 23,1 millions d’euros. Sur le papier, les États-Unis sont le premier contributeur (environ 3,3 millions d’euros par an), mais l’affaire controversée des nageurs chinois les a poussés à fermer le robinet. L’an passé, l’agence TASS faisait aussi état d’une dette de plus de deux millions d’euros pour la Russie (sur plusieurs années), et de 600.000 euros pour l’Espagne. « Une réduction importante des contributions pénalise en fin de compte le système antidopage mondial en obligeant l’AMA à réduire ses activités opérationnelles. Il est donc essentiel pour la protection des sportifs de préserver ce modèle de solidarité afin de garantir le budget de l’AMA et de permettre à l’Agence de remplir sa mission », alertait l’AMA en mars 2025.

Le Comité exécutif a encore discuté de cette question lors de sa première réunion de l’année. « La retenue des contributions par les gouvernements pour des raisons politiques ou autres demeure un sujet de préoccupation majeur pour l’ensemble des parties prenantes de l’AMA, a déclaré le directeur général de l’AMA, Olivier Niggli. L’instabilité du financement a un impact direct sur le fonctionnement et le développement du Programme mondial antidopage. En fin de compte, ce sont les sportifs du monde entier qui en subissent le plus directement et le plus négativement les conséquences. » Compte tenu de la complexité du sujet, l’instance a décidé de renvoyer la question pour « un examen plus approfondi » lors de la prochaine réunion du comité, les 10 et 11 septembre, à Belgrade.

L’hypothèse de sanctions contre les gouvernements

Associated Press a récemment rapporté que l’AMA envisageait de sanctionner les gouvernements ne respectant pas leurs engagements, y compris l’exclusion de leurs représentants des événements sportifs. Un système de sanctions progressives serait à l’étude. Sa mise en œuvre soulève des questions, mais cette idée témoigne de la volonté de l’AMA de se montrer plus ferme. Notamment face aux autorités américains, qui ont multiplié les attaques contre l’agence.

Dans ce contexte délicat, Witold Banka tient à positiver. L’engagement du comité exécutif à traiter des questions liées au financement de l’AMA est « particulièrement encourageant » selon le président de l’AMA : « Cela devrait rassurer les sportifs du monde entier ainsi que l’ensemble des parties prenantes quant à la volonté de l’AMA de maintenir une approche centrée sur les sportifs et de faire évoluer le système antidopage afin de mieux les servir et les soutenir. » Rendez-vous lors de la prochaine réunion du Conseil de fondation de l’AMA, en novembre, pour avoir plus de réponses.