— Publié le 16 mars 2026

Après Milan-Cortina 2026, l'Italie se met à penser aux Jeux olympiques d'été

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Deux Italiens sur trois ont suivi les Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 sur la Rai. Encore plus que pour les Jeux d’été de Paris 2024. Les Italiens ont même davantage regardé ces Jeux que les quatre précédentes éditions des Jeux d’hiver réunies. Le pays a incontestablement vibré derrière ses athlètes, parmi lesquels la patineuse de vitesse Francesca Lollobrigida, la skieuse Federica Brignone et la biathlète Dorothea Wierer, qui a mis fin à son immense carrière à cette occasion. Beaucoup de médailles, encore plus d’émotions, et une question : pourra-t-on un jour y regoûter ?

La cicatrice de 2024

Malgré les difficultés et les doutes, l’Italie a su relever le défi de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver. D’autres événements multisport sont d’ores et déjà programmés : les Jeux méditerranéens de Taranto cet été (du 21 août au 3 septembre) et les Jeux olympiques de la Jeunesse d’hiver 2028 dans les Dolomites. Ces derniers jours, c’est un autre événement qui alimente les discussions : les Jeux olympiques et paralympiques d’été. L’Italie en rêvait il y a peu puisque Rome était candidate pour l’édition 2024. L’élection de Virginia Raggi à la mairie avait cependant bouleversé les plans et l’édile avait renoncé à la candidature en 2016. « Il serait irresponsable d’approuver cette candidature. Nous n’avons rien contre les Jeux olympiques et le sport, mais nous ne voulons pas qu’ils soient utilisés pour justifier de nouveaux projets de bétonnage. Nous n’hypothèquerons pas l’avenir de cette ville », déclarait-elle.

À la sortie des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, l’idée d’une nouvelle candidature a été évoquée par plusieurs responsables. Le maire de Rome, Roberto Gualtieri, a glissé qu’il « serait formidable de proposer Rome pour accueillir les Jeux olympiques de 2036 ou 2040 » au Corriere della Sera. « Je pense que les conditions sont réunies. (…) Une capitale comme la nôtre ne doit pas craindre de relever de grands défis. » Le ministre des Sports Andrea Abodi a quant à lui déclaré qu’il verrait d’un bon œil « que tout le monde – gouvernement, municipalité, région, CONI – se réunisse autour d’une table et évalue concrètement tous les aspects ».

Un patrimoine, des sites existants et un savoir-faire

Une candidature de Rome viendrait sans aucun doute bouleverser la course. La capitale italienne a le potentiel historique et culturel pour s’inscrire dans la lignée de Paris 2024 en offrant des sites à couper le souffle. Elle a aussi l’avantage d’être déjà équipée. Le précédent dossier de candidature reposait justement sur un très grande nombre d’installations existantes. En première ligne : le Foro Italico, héritage des Jeux olympiques de Rome 1960, avec son stade olympique de 70.000 places, qui a accueilli les Championnats d’Europe d’athlétisme en 2024, une dizaine de courts de tennis, utilisés chaque année pour le Masters 1000, ainsi qu’une piscine olympique, celle des Championnats du monde de natation 2009 et des Championnats d’Europe 2022. Une belle base de travail.

Le bassin des Championnats d’Europe, en 2022.

Un certain nombre de sites temporaires étaient proposés pour s’aligner sur les principes de l’Agenda 2020 du CIO, par exemple le parc des expositions (aménageable pour des sports comme l’escrime, le judo, la boxe ou le tennis de table). Le patrimoine historique de la ville était aussi associé aux épreuves avec, par exemple, le beach volley au Circus Maximus.

Le président de la Toscane, Eugenio Giani, a lui aussi affiché son ambition : « Nous disposons des structures adéquates et, de toute façon, d’ici 2040, nous aurons le temps nécessaire pour construire tout ce dont nous avons besoin. J’en avais déjà discuté avec le président du CONI, Luciano Buonfiglio, ces derniers mois lors de sa venue à Florence. Nous avons convenu d’en reparler après les Jeux olympiques d’hiver. Les Jeux de 2040 pourraient être le tremplin qui permettra à la Toscane de rayonner à l’international. » La Vénétie pourrait également porter un projet de Jeux décentralisés autour de Venise. Mieux vaut avoir du choix !