— Publié le 11 mars 2026

Le Mouvement olympique face au défi du conflit au Moyen-Orient

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De l’Iran à Israël, en passant par l’Arabie saoudite, le Liban, le Qatar, Bahreïn, les Emirats arabes unis, l’Irak ou la Turquie, le Moyen-Orient est en proie à de vives tensions depuis le 28 février. Avec des conséquences concrètes sur le Mouvement olympique, et beaucoup d’interrogations pour les semaines à venir.

La sécurité, « priorité absolue »

Un certain nombre de fédérations internationales ont communiqué au cours des derniers jours. « Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec nos fédérations nationales et les autorités compétentes afin de suivre l’évolution de la situation mondiale et son impact potentiel sur nos événements et notre communauté », a déclaré l’UIPM, en rappelant que « la sécurité et le bien-être » étaient sa « priorité absolue ». Même son de cloche chez la Fédération internationale de hockey. « La sécurité des athlètes, des officiels et de toutes les personnes impliquées (dans les qualifications de la Coupe du monde) est notre priorité absolue. À cet égard, nous sommes en contact avec toutes les parties prenantes concernées », affirme son président Tayyab Ikram. La FIH en a profité pour rappeler l’importance des grands événements sportifs « pour unir les peuples ».

Le 1er mars, la FIVB se disait « choquée et extrêmement préoccupée par les informations selon lesquelles plusieurs jeunes joueurs de volley-ball en Iran ont été tués dans le contexte de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient et dans l’ensemble de la région ». La FIVB a mis en place un groupe de travail spécialement dédié à la sécurité « de tous les athlètes, entraîneurs, membres du personnel et bénévoles basés dans la région ou en visite dans celle-ci, et qui sont aujourd’hui pris dans le conflit ».

World Climbing a d’ores et déjà choisi de revoir ses plans pour son Assemblée générale, prévue à Riyad le 23 avril : le comité exécutif a renoncé à convoquer tout le monde dans la capitale saoudienne afin de privilégier une réunion virtuelle. « Cette décision a été prise après consultation de la Fédération saoudienne d’escalade et de randonnée et après mûre réflexion sur la situation actuelle en Asie occidentale. La sécurité et le bien-être des fédérations nationales et de leurs représentants restent la priorité absolue de l’organisation », explique World Climbing.

Les calendriers chamboulés

Les répercussions se font déjà sentir sur les calendriers sportifs. La FIBA a reporté quatre matchs qualificatifs pour la Coupe du monde 2027 prévus au Moyen-Orient ces derniers jours. Ils se joueront finalement en juin. La première manche des World Triathlon Championship Series n’aura pas lieu à Abu Dhabi (28-29 mars). La Fédération équestre internationale a aussi annulé deux événements prévus au Qatar et aux Emirats arabes unis. « Les participants doivent être assurés que toute décision prise à titre individuel de ne pas voyager ou de se retirer d’une compétition pour des raisons de sécurité, conformément aux recommandations du gouvernement, n’entraînera aucune conséquence de la part de la FEI », a-t-elle assuré.

Côté tennis, les Championnats du monde Masters prévus (du 8 au 21 mars) ont été annulés pour des raisons de sécurité. Le conflit « rend désormais dangereux l’organisation de cet événement en Turquie à l’heure actuelle », a expliqué l’ITF. « Toute décision concernant les événements futurs, en fonction de l’évolution de la situation, sera prise sur la base des mêmes évaluations rigoureuses en matière de sûreté et de sécurité. »

Parmi les événements susceptibles d’être impactés dans les prochaines semaines : les étapes de Coupe du monde de gymnastique au Caire (3-6 avril) et à Doha (15-18 avril), les concours équestres de sauts à Doha (1-4 avril) et à Sakhir (1-4 avril), une compétition de canoë de mer à Dubaï (20-22 mars), des championnats de voile à Dubaï (28-29 mars) et à Al Hamriyah, aux Emirats arabes unis (11-12 avril), etc. Fin avril, Jounieh (Liban) doit aussi accueillir les Championnats d’Asie U23 de judo, puis la Coupe d’Asie cadets et juniors.

Un flou autour de la Coupe du monde de football

Au-delà des questions de sécurité qui se posent pour les compétitions prévues au Moyen-Orient, ces tensions ajoutent des difficultés pour se déplacer. Le seul athlète iranien qualifié pour les Jeux paralympiques a ainsi dû renoncer à voyager. Les compagnies aériennes naviguent à vue, à l’image de la Lufthansa : elle a suspendu ses vols vers et en provenance de Dubaï, Abou Dhabi, Dammam (Arabie Saoudite), Amman (Jordanie) et Erbil (Irak) jusqu’au 15 mars, Beyrouth jusqu’au 28 mars, et Téhéran jusqu’au 30 avril. La fédération irakienne de football a demandé à la FIFA de reporter son match de barrage qualificatif pour la Coupe du monde, prévu le 31 mars, au Mexique.

« Si le match est maintenu au Mexique, on va avoir des difficultés pour sortir de Bagdad, a déclaré le sélectionneur de l’Irak, Graham Arnold, sur CNN. Environ 60% de mes joueurs sont en Irak, mes adjoints vivent en Irak, tout mon staff médical vit au Qatar, et nous avons aussi des difficultés à obtenir des visas pour le Mexique. » Une incertitude entoure également la présence de l’équipe iranienne en Amérique du Nord cet été alors que les États-Unis et l’Iran se visent mutuellement. En décembre déjà, le tirage au sort de la Coupe du monde s’était déroulé sans représentant iranien à Washington après des refus de visas.