— Publié le 23 février 2026

Un quasi sans-faute pour l'expérience des athlètes

Milan-Cortina 2026 Focus

©CNOSF/KMSP

« Mesdames et messieurs, bienvenue aux tout premiers Jeux olympiques disséminés. » Voici ce que le public de San Siro et les téléspectateurs ont entendu le vendredi 6 février, juste avant le défilé des athlètes, lors de la cérémonie d’ouverture. Milan-Cortina 2026 a lancé un nouveau modèle, scruté avec curiosité. Christophe Dubi, directeur des Jeux au sein du CIO, avait prévenu : « Pour moi, le premier élément qui permettra de mesurer le succès des Jeux, c’est l’expérience et cela commence toujours par les athlètes. » Le moment est venu de dresser le bilan.

La révolution de la cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture a donné le ton en permettant aux athlètes de défiler sur quatre sites différents. Une volonté claire de l’organisation de permettre à un maximum d’entre eux de vivre ce premier moment fort des Jeux. Illustration avec l’équipe de France : 127 athlètes ont défilé entre Milan (73), Livigno (23), Cortina (18) et Predazzo (13). Sur une délégation de 162 athlètes, ils étaient donc 78% à vivre la cérémonie sur le terrain plutôt que devant leur télévision. Du jamais vu. Ils n’étaient que 26 Français à y prendre part en 2022 (sur une délégation de 88 athlètes), 48 en 2018 (sur 107) et 58 en 2014 (sur 116).

« Pour la logistique, c’était vraiment pratique de pouvoir faire ça ici à Livigno, ils ont très bien organisé ça, expliquait le porte-drapeau Clément Noël à chaud. Ce sont de beaux moments de partage, on était pas mal d’athlètes et de staff ici à Livigno. » Ouvrir la cérémonie d’ouverture aux autres clusters a incontestablement permis aux athlètes de vivre plus facilement ce moment fort de l’expérience olympique, qui plus est en étant à proximité immédiate du public. « Les athlètes en montagne – c’était notre grande crainte, qu’ils se sentent isolés – nous disent que ces Jeux sont formidables. Les marqueurs des Jeux, ce sont les athlètes. Eux nous disent que ça fonctionne », assurait Christophe Dubi il y a quelques jours.

« Ça ressemble à ce qu’on connaît déjà »

Le bilan est toutefois à nuancer. Plusieurs athlètes ont déclaré avoir presque l’impression de vivre des Championnats du monde plus que des Jeux. C’est le cas du biathlète Emilien Jacquelin. « On n’est pas sur un village olympique, donc l’expérience olympique, le fait de vivre avec des athlètes d’autres disciplines, cette rencontre avec l’ensemble des athlètes internationaux, de sports différents, on ne l’a pas. C’est une frustration, confiait-il à Francs Jeux avant l’ouverture. Je me rappelle qu’à Pyeongchang, on voyait nos amis skieurs alpins, on échangeait, ça donnait vraiment une émulation collective. Cette ambiance, le fait de voir tous les autres amis et collègues, me manque. »

« On a un peu moins cette ambiance olympique multisport qui est quand même recherchée quand on est athlètes », confirme Martin Fourcade, membre du CIO et sextuple champion olympique de biathlon. « Ce n’est pas un seul gros village, donc on est globalement avec des gens que l’on peut côtoyer sur la Coupe du monde ou les Mondiaux, avec les fondeurs et les sauteurs. C’est plus grand, il y a plus de trucs autour, mais côté athlètes, ça ressemble à ce qu’on connaît déjà », estime Maël Tyrode, qui était engagé en combiné nordique. « Ça change un petit peu des JO précédents auxquels j’ai participé, mais on sent qu’il y a une autre atmosphère qu’à la Coupe du monde ou aux Championnats du monde, nuance son coéquipier Laurent Mühlethaler. Il y a une autre atmosphère. Même s’il y a plusieurs villages dispatchés, on a quand même cet esprit olympique. »

En revanche, les sites de compétition, tous hôtes réguliers d’étapes de Coupe du monde ou de Championnats du monde, ont sans surprise fait l’unanimité. « Les sites disposent de compétences élevées, et cela se ressent. C’est exactement ce que recherchent les athlètes : une compétition parfaitement organisée », glissait le chef de mission suisse Ralph Stöckli. Petite exception toutefois pour Livigno, où le parcours de snowboard et de skicross a suscité des critiques pour son manque de technicité et de pente (à peine 150 mètres de dénivelé positif). Un quasi sans-faute.