De l’avis général, le site d’Antholz, niché à 1.600 mètres d’altitude, est le plus beau du circuit de la Coupe du monde de biathlon. Il est fréquenté par les meilleurs biathlètes depuis 1971 et figure au calendrier chaque hiver depuis 1991. Il a aussi accueilli cinq éditions des Championnats du monde, la dernière en 2020. En revanche, c’est la première fois cette année que la ferveur olympique s’en empare puisqu’en 2006, le biathlon avait pris ses quartiers à Cesana San Sicario, dans le Piémont. Depuis, le sport s’est considérablement développé et toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour qu’il soit mis en valeur de la plus belle des manières dans un cadre somptueux.
Un gage de qualité
Après deux éditions asiatiques, à PyeongChang et Pékin, le biathlon retrouve un terreau plus fertile. L’Italie avait déjà l’habitude d’accueillir des compétitions mais depuis quelques années, elle se met aussi à gagner. Dorothea Wierer a ouvert la voie (trois médailles olympiques, quatre titres de championne du monde, deux gros globes de cristal), et d’autres ont suivi, notamment Lisa Vittozzi (vainqueur du gros globe en 2024) et Tommaso Giacomel (quatre victoires cette saison et leader actuel du classement général de la Coupe du monde). Une dynamique qui compte forcément, à l’heure d’accueillir les Jeux, pour l’atmosphère et l’intérêt du public. Justine Braisaz-Bouchet, championne olympique en titre de la mass start, s’attend « à quelque chose de fabuleux en termes d’ambiance et de spectacle ».
« C’est un cadre vraiment magnifique. C’est un site conçu pour le biathlon et qui accueille la Coupe du monde, donc c’est un vrai gage de qualité avec un public connaisseur et une atmosphère superbe », estime Quentin Fillon Maillet, médaillé lors de cinq des six courses du programme en 2022. « Pour la première fois depuis longtemps aux Jeux olympiques, le biathlon est de retour dans ce que j’appellerais un site traditionnel, note la légende Martin Fourcade dans la Revue olympique. La vallée d’Anterselva est un splendide écrin pour accueillir ce sport. J’ai débuté le ski de fond car j’aime la montagne, la nature et la forêt. Selon moi, la vallée d’Anterselva allie les trois. »
L’altitude, un adversaire supplémentaire
En prévision des Jeux, le site a été rénové : nouveaux tunnels, agrandissement des espaces destinés aux athlètes, amélioration de l’éclairage, amélioration des infrastructures médiatiques et télévisuelles, systèmes avancés d’enneigement artificiel, etc. De quoi offrir la meilleure expérience possible, sans bouleverser les habitudes des athlètes. « C’est un vrai avantage de connaître le site par rapport à Pékin 2022 ou autre, dont on ne connaissait rien finalement. Là c’est top, on va avoir des repères », explique Fabien Claude, qui découvrait les Jeux il y a quatre ans. Julia Simon prévient : « La piste est très exigeante, quand on est en forme tout se passe bien mais quand on est un peu dans le dur ça demande beaucoup de travail. C’est une piste qui met en avant les biathlètes les plus complets qui skient vite et tirent bien. »
Les médaillés seront assurément des costauds au regard d’une autre donnée majeure : l’altitude. « C’est un des rares stades en altitude, donc c’est quelque chose qu’on doit gérer, qu’on doit un petit peu anticiper, confie Lou Jeanmonnot, leader du classement général féminin cette saison. L’air est moins dense, par conséquent on a moins d’oxygène, et nécessairement besoin de plus respirer, de plus ventiler. Il y en a qui sont extrêmement impactés par ça, d’autres pas du tout, ça dépend pas mal des athlètes et du coup ça peut influencer sur différentes choses. » X a lancé les hostilités dimanche en remportant le relais mixte, la première des onze courses au menu de ces Jeux. Le public n’en manquera pas une miette.

