La pandémie de Covid-19 avait bouleversé les Jeux d’hiver de Pékin 2022. Le comité d’organisation n’avait pas vendu de billets compte tenu du contexte sanitaire. Seulement 97.000 spectateurs avaient assisté aux épreuves, grâce à des invitations. Les images de la cérémonie d’ouverture au Nid d’oiseau, à moitié vide, avaient donné le ton. Une page définitivement tournée vendredi avec l’ouverture des Jeux de Milan-Cortina 2026, célébrée avec ferveur au stade San Siro, mais aussi à Predazzo, Livigno et Cortina.
Des Jeux « un peu plus légers »
Les souvenirs de Pékin 2022 sont encore dans la tête de nombreux athlètes. Malgré douze tests Covid négatifs avant de prendre l’avion, la Belge Kim Meylemans (skeleton) avait dû passer plusieurs jours à l’isolement une fois arrivée en Chine. « Des milliers d’athlètes, d’entraîneurs, d’officiels et de représentants des médias […] sont accueillis à l’aéroport par une armée d’agents vêtus de la tête aux pieds d’équipements de protection, ressemblant aux stormtroopers de Star Wars », décrit alors le LA Times. Bulle sanitaire oblige, les athlètes avaient dû concourir devant des tribunes vides. Ils avaient aussi dû faire une croix sur l’expérience du village olympique, où des athlètes qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer peuvent partager des moments uniques.
« 2022, c’était vraiment tristoune. Ce n’était pas du tout un pays nordique, on ne ressentait pas du tout cette ferveur », confirme la biathlète Julia Simon. « Un contexte anxiogène » pour Perrine Laffont qui « aspire à des Jeux un peu plus légers » en Italie. « On va avoir la famille avec nous, ça va faire du bien à la tête », confiait la championne olympique 2018 de ski de bosses. « Pékin, c’était étrange, vraiment terne, abonde Max Cobb, secrétaire général de l’IBU, auprès de Francs Jeux. Nous allons vraiment apprécier ces Jeux olympiques avec un stade plein à craquer et des fans le long du parcours pour honorer les athlètes et les encourager dans cet esprit fantastique des sports d’hiver. » L’IBU attend 200.000 spectateurs sur l’ensemble de ses courses.
Les nuages de la pandémie se sont éloignés, et l’Italie a pour elle d’être un pays historique des sports d’hiver, qui accueille des étapes de Coupe du monde ou des Championnats du monde chaque hiver, apportant ainsi des garanties sur la passion et l’engouement qui accompagneront l’événement. « Ce n’est pas en Chine qu’il y a la plus grosse culture du sport d’hiver, c’est en Europe, voire aux États-Unis et au Canada, regrettait le skieur Clément Noël sur RMC. Le plus important, ce n’est pas de faire des voyages. C’est de vivre quelque chose d’exceptionnel avec une ferveur exceptionnelle. » Et toutes les conditions semblent réunies en Italie.
❄️ #MilanoCortina2026 | Deborah Compagnoni et Alberto Tomba allument la vasque olympique à Milan, au même moment, Sofia Goggia allume celle de Cortina 🔥
— francetvsport (@francetvsport) February 6, 2026
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« La magie olympique ne se dément pas »
Le relais de la flamme olympique a annoncé la couleur au cours des deux derniers mois. « J’étais au démarrage du relais à Rome début décembre, il y avait une très bonne ambiance. Beaucoup de monde était présent le long des routes », nous confie Jean-Loup Chappelet, spécialiste du Mouvement olympique.
Un enthousiasme partagé par David Donnelly, co-fondateur de l’agence RnK (groupe SSM), qui a participé à organiser le relais. « Les conditions étaient différentes par rapport à Paris 2024 : il fait nuit tôt, il fait froid, mais c’est là qu’on s’aperçoit de la puissance de cette flamme olympique. Ça marche à tous les coups, même loin des régions qui accueillent les Jeux. Le pouvoir de cette flamme est impressionnant. Les gens descendent dans la rue pour la voir, les sites de célébration sont pleins. C’est une sensation unique, racontée par tous. Les relayeurs sont souvent submergés par l’émotion quand ils la portent. La magie olympique ne se dément pas. »
La cérémonie d’ouverture, qui a réuni plus de 60.000 spectateurs à Milan, et les premières compétitions ont confirmé cette tendance. « C’était chouette, il y avait une bonne ambiance. Franchement, on s’est régalé », glissait la sauteuse à ski Joséphine Pagnier à l’issue de la cérémonie. Plus de 1,2 millions de tickets ont été vendus.

