— Publié le 4 février 2026

Programme, élections, pizzas... Les leçons de la Session du CIO

Institutions Focus

Onze mois après s’être réuni à Costa Navarino (Grèce), le CIO avait cette fois donné rendez-vous à la Tour Allianz de Milan, les 3 et 4 février, pour sa 145e Session. Outre le traditionnel oral des commissions de coordination des Jeux à venir (Milan-Cortina 2026, Los Angeles 2028, Alpes 2030, Brisbane 2032, Utah 2034), destiné à faire un point d’étape sur les préparatifs de chacun de ces événements, Kirsty Coventry a rappelé l’enjeu du processus de consultation « Fit for Future » et confirmé que des changements majeurs devraient bientôt survenir. Francs Jeux vous récapitule l’essentiel.

« Ne jamais rester immobile »

Kirsty Coventry a donné le ton : « Si nous voulons rester forts, nous devons repousser nos propres limites. Nous devons être honnêtes sur ce qui fonctionne et, plus important encore, sur ce qui ne fonctionne pas. Et lorsque nous commettons des erreurs, nous devons avoir le courage de dire : nous ferons mieux la prochaine fois. » La présidente du CIO a appelé à « garder l’état d’esprit d’un athlète : toujours apprendre, toujours s’améliorer, ne jamais rester immobile ». Pour maintenir la force des Jeux, « nous devons continuer à évoluer, (…) il serait dangereux de se reposer sur nos lauriers ». En première ligne : le programme des sports. Coventry a insisté sur l’importance de « porter un regard neuf sur nos sports et nos disciplines, afin de s’assurer que nous évoluons avec notre temps ».

En reconnaissant qu’il faudra faire des choix difficiles. « Toute évolution aura des répercussions sur nous tous : athlètes, Fédérations Internationales, Comités Nationaux Olympiques, organisateurs, supporters, etc. Avec « Fit for the Future », nous créons l’espace nécessaire pour mener ces discussions de manière ouverte et respectueuse, pour écouter chaque voix et pour prendre des décisions qui servent les intérêts à long terme des Jeux dans leur ensemble. Je sais que ces discussions peuvent être, et seront peut-être, inconfortables, mais elles sont essentielles si nous voulons que les Jeux restent forts pour les générations à venir. »

Karl Stoss, le président de la Commission des futurs hôtes des Jeux d’hiver, a affiché sa priorité : « veiller à ce que le programme sportif olympique soit équilibré, pertinent, tourné vers l’avenir et durable », et ce dès les Alpes françaises 2030, dont le programme doit être finalisé d’ici le mois de juin. « Nous étudions les possibilités de croisement entre les sports d’été et d’hiver afin de mieux comprendre les opportunités et les implications », a-t-il indiqué. « Nous savons que nous ne pourrons pas satisfaire tout le monde », a-t-il prévenu.

Le changement n’épargnera pas les Jeux olympiques de la Jeunesse. Comme l’a dit Danka Hrbekova, présidente du groupe de travail sur les JOJ, des analyses sont menées autour de deux options pour l’avenir de l’événement après 2030 : repositionner les JOJ comme un événement sportif de haut niveau (avec un coût moindre pour le CIO) ou carrément basculer vers des JOJ décentralisés avec des Jeux continentaux de la jeunesse sur les cinq continents. « Nos recherches sont toujours en cours », précise-t-elle en soulignant l’impératif d’évoluer. « Pour les JOJ, c’était changer ou être annulé. Nous voulons nous assurer que nous avons les meilleurs JOJ possibles pour le futur. »

Est-ce acceptable d’ajouter de l’ananas sur votre pizza ?

Les réflexions ont laissé place à l’émotion mercredi matin quand Emma Terho a tiré sa révérence comme présidente de la commission des athlètes du CIO. La Finlandaise a été chaleureusement applaudie, félicitée et remerciée par plusieurs membres du CIO. Sarah Walker, Spyros Capralos, Sari Essayah, Tricia Smith, Maja Martyna Wloszczowska, Yael Arad, Serguei Bubka, Danka Hrbekova et Nicole Hoevertsz ont tous tenu à saluer son leadership et sa vision pour assurer que la voix des athlètes soit entendue. Emma Terho a quitté l’estrade après des étreintes émouvantes avec Kirsty Coventry et Thomas Bach. Une touche d’humour, aussi, lorsque le système de vote a été testé avec la question : « Est-ce acceptable d’ajouter de l’ananas sur votre pizza ? » Ce à quoi 46 membres ont répondu oui, et 49 non.

Les votes suivants, plus sérieux, ont permis de réélire Ingmar De Vos, Jae Youl Kim et Neven Ilic au bureau exécutif du CIO. Juan Antonio Samaranch, candidat à la présidence l’an dernier, a été réélu vice-président pour un deuxième mandat de quatre ans. L’Olympienne Soraya Aghaei, qui avait participé au tournoi de badminton à Tokyo en 2021, a été officiellement intégrée comme membre du CIO. Elle est l’unique représentante de l’Iran parmi les 107 membres de l’instance. Les femmes représentent désormais 44,9% de l’assemblée, et 40,2% de l’ensemble des membres sont des Olympiens (18 femmes, 25 hommes).

Onze membres ont par ailleurs été réélus : Tamim Bin Hamad Al-Thani Amir, le Prince Feisal, Jiri Kejval, Samira Asghari, Daina Gudzineviciute, Camilo Perez, Felicite Rwemarika, William Blick, Andrew Parsons, Morinari Watanabe et Jigyel Ugyen Wangchuck. Une exception à la règle de la limite d’âge a été votée pour que Karl Stoss et Anant Singhn qui auront 70 ans au cours de l’année 2026, restent membres jusqu’en 2030 compte tenu de leurs contributions aux commissions du CIO. Stoss a aussi été élu à la commission d’éthique du CIO.

Enfin, la Session a permis d’amender la Charte olympique. Pas pour ouvrir la porte aux sports d’hiver qui ne se pratiquent pas sur la neige ou la glace (cela viendra peut-être plus tard), mais pour « clarifier la définition et les normes de conception relatives à la création des emblèmes olympiques », et ainsi renforcer la protection de la marque olympique. Un exemple ? Les mascottes. « Toute mascotte créée pour les Jeux olympiques sera considérée comme étant une propriété olympique, dont le dessin doit être soumis par le COJO à l’approbation de la commission exécutive du CIO, lit-on dans la nouvelle version de la Charte. Le COJO assurera la protection de la propriété de l’emblème et de la mascotte des Jeux olympiques au profit du CIO, au plan national et international. »