
Source : ISU
Seulement quinze Russes étaient à Paris 2024. Ils seront encore moins en Italie. Treize athlètes russes ont réussi à obtenir leur qualification, tout en satisfaisant aux critères du statut d’athlète individuel neutre du CIO : deux en ski alpin (Yulia Pleshkova, Simon Efimov), autant en patinage artistique (Petr Gumennik, Adeliia Petrosian), en luge (Daria Olesik, Pavel Repilov), en short-track (Ivan Posashkov, Alena Krylova), en ski de fond (Savelii Korostelev, Daria Nepriaeva) et en patinage de vitesse (Kseniia Korzhova, Anastasiia Semenova), ainsi qu’un en ski-alpinisme (Nikita Filippov). Sept Biélorusses (dont trois en ski acrobatique) concourront également comme AIN. Une situation qui aura un impact considérable sur le visage du tableau des médailles.
Les fédérations internationales en résistance
Le CIO a appliqué le même principe qu’à Paris 2024, en autorisant la présence des Russes sous le statut d’athlètes individuels neutres (AIN). La balle était ensuite dans le camp des fédérations internationales, qui n’ont pas toutes adopté la même approche. Dès décembre 2024, l’Union internationale de patinage (ISU) et la Fédération internationale de ski-alpinisme (ISMF) annonçaient qu’elles autoriseraient la participation de certains athlètes russes, sous statut neutre, aux qualifications olympiques. Leurs homologues ont montré plus de résistance.
En septembre 2025, le congrès de la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton (IBSF) a voté contre la participation des athlètes russes à ses événements. Idem du côté de la Fédération internationale de luge (FIL). Après appel, les deux fédérations ont finalement été contraintes d’en intégrer une petite poignée, sous conditions de neutralité, en décembre. La Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) s’est retrouvée dans la même situation. Au 15 janvier, elle avait donc approuvé la participation de 45 athlètes russes et biélorusses à ses événements. Compte tenu des délais, et ayant manqué un certain nombre de compétitions, les athlètes en question n’ont cependant pas pu défendre totalement leurs chances.
L’Union internationale de biathlon (IBU), elle, s’est montrée ferme : la fédération russe est toujours suspendue, et aucun statut neutre n’est prévu dans les règlements de l’IBU. Aucun biathlète russe ne pouvait donc espérer se qualifier. La participation russe restant interdite aux compétitions par équipes, la porte s’est automatiquement refermée en curling et en hockey sur glace, où la Russie était qualifiée tant chez les hommes que chez les femmes.
32 médailles en 2022
Le temps de Sotchi, où la Russie alignait plus de 220 athlètes et remportait 33 médailles dont 13 en or (avant que les affaires de dopage n’émergent), est bien loin. Malgré les sanctions, les Russes avaient aussi pesé sur les Jeux olympiques de Pékin 2022 : la délégation du Comité olympique russe avait envoyé quelque 210 athlètes en Chine, décroché 32 médailles (dont cinq en or) et pris la neuvième place du tableau final. Seule la Norvège était plus présente sur le podium à l’époque (37 médailles). Les Russes avaient principalement brillé en ski de fond (11 médailles dont quatre en or), en patinage artistique (six médailles dont une en or) et en biathlon (quatre médailles). Leur quasi absence ouvre donc de grandes portes aux autres nations.
Pour combien de temps ? Le Comité international paralympique a assoupli sa position. Conformément aux recommandations du CIO, plusieurs FI, dont la Confédération mondiale de baseball/softball (WBSC), ont réintégré les Russes et les Biélorusses dans les catégories jeunes. Fin novembre, la Fédération internationale de judo a quant à elle carrément décidé de réintégrer la Russie, avec son hymne et son drapeau. Le ministre russe des Sports, Mikhaïl Degtyarev, se dit optimiste. « Le statut des participants russes est actuellement neutre, car le Comité olympique russe n’a pas été réintégré. Nous espérons une décision positive de la part du CIO dans les mois à venir », a-t-il déclaré, en ajoutant qu’il appréciait « l’approche de Kirsty Coventry », moins fermée que Thomas Bach. Le sujet sera sans aucun doute au menu des réunions prévues à Milan dans les prochains jours.

