Après 14 années à la tête de l’Association mondiale des Olympiens, Joël Bouzou a transmis le témoin à la Suédoise Pernilla Wiberg. Le Français livre son regard sur les perspectives de l’organisation et sur son avenir personnel, qui s’inscrit du côté de la Fédération française de pentathlon moderne, mais surtout de Peace & Sport.
Vous avez déclaré que Pernilla Wiberg était « la meilleure personne » pour vous succéder. Pourquoi ?
Parce qu’elle a gravi tous les échelons dans l’organisation. Elle a fait partie de la commission des athlètes du CIO, elle a été vice-présidente de l’Association des Olympiens… Elle a été progressivement formée, elle coche toutes les cases. Elle a l’avantage de ne pas découvrir ce qui a été fait au cours des dernières années, elle est prête.
Avoir une femme à la tête de la WOA pour la première fois, c’est un signal important ?
C’est important, oui. C’est bien que ça arrive. Mais si elle est là, c’est d’abord parce qu’elle est compétente. On a aussi une Olympienne présidente du CIO, je pense qu’elles pourront faire des choses intéressantes ensemble.
Quels sont les prochains défis à relever pour la WOA ?
Il faut continuer à bâtir l’organisation, travailler près du CIO, développer le nombre d’OLY, se poser la question des assurances et des pensions pour les athlètes. Aussi organiser les réseaux car les Olympiens ont la capacité à délivrer, à s’impliquer sur un projet à long terme. À la fin, ce qu’il faut, c’est que chaque Olympien ait des perspectives. Il faut entretenir un cercle vertueux afin de donner beaucoup plus de débouchés aux Olympiens et continuer à apporter du prestige à la WOA.
Et vous, qu’est-ce qui vous attend maintenant que vous n’êtes plus à la WOA ?
Ce qui m’attend, c’est la vie ! Olympien un jour, Olympien toujours. Mais c’est important pour moi d’avoir un peu plus de temps pour ma famille. Je suis très motivé pour Peace & Sport, c’est mon bébé depuis le début. L’engouement que suscite l’organisation me plaît beaucoup, le soutien du Prince Albert II est très précieux. J’essaie de servir cette cause au maximum. J’ai encore un bon bout de chemin à faire avec cette organisation, elle grandit mais elle n’a pas accompli tout ce que je souhaite qu’elle accomplisse. La paix est le résultat du dialogue, et le dialogue peut être soutenu par le sport, parce qu’il est universel et qu’il rassemble : c’est un message que je veux continuer à faire passer.
Quelle est votre ambition pour Peace & Sport ?
Qu’elle soit incontournable sur la scène internationale par ses concepts, son savoir. On fait du plaidoyer pour créer des espaces de paix avec le sport comme soutien. On a déjà la reconnaissance des Nations unies, mais on doit aller plus loin, être incontournable et peut-être devenir l’agence mondiale de la paix par le sport. C’est l’objectif.
Vous restez aussi président de la Fédération française de pentathlon moderne, avec le défi d’accompagner la transition de votre sport, qui a intégré l’obstacle.
Là encore, je suis un passager. Je transmettrai dans quelques temps. C’est vrai qu’il faut vivre avec son temps, moderniser son sport. La direction qui est prise me paraît cohérente. Il y a un effet sur le nombre de licenciés, ça commence à frémir. L’équitation coûtait très cher. Aujourd’hui, il y a des investissements à faire mais l’obstacle, ça ne mange pas d’avoine, et ça n’a pas besoin de vétérinaire ! On a des opportunités dans la politique de la ville que l’on n’avait pas avant. Il y a de plus en plus de mini parcours d’obstacles dans les quartiers, ça permet de développer l’activité, pas simplement dans le monde fédéral, et donc de créer les conditions pour plus de recrutement dans l’avenir. Maintenant, ce qu’il faut, c’est une intégration de l’obstacle en tant que discipline spécifique. C’est en train de se faire au niveau international, il faut que ça se passe au niveau national. Il y a un enjeu énorme en termes de développement et de résultats à long terme.

