— Publié le 19 janvier 2026

Le Maroc, nouvelle place forte du sport africain

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Un mois de fête. Le Maroc vient de vivre l’un des plus grands moments de son histoire sportive en organisant la Coupe d’Afrique des nations. Une première depuis 1988, à l’époque où le tournoi ne concernait que huit équipes. Rien à voir avec cette édition 2025, qui a réuni 24 équipes, dans neuf stades, et attiré plus de 1,3 million de spectateurs. Les Lions de l’Atlas ont laissé échapper le trophée dimanche, en finale, face au Sénégal, mais cette CAN marque assurément un tournant pour le Mouvement sportif marocain.

« La meilleure CAN de l’histoire »

Le Maroc a largement répondu aux attentes en matière d’infrastructures, à l’image de son Stade Prince Moulay Abdellah flambant neuf, d’hospitalité et de sécurité. Carrément « la meilleure CAN de l’histoire » dixit le président de la Confédération africain de football (CAF), Patrick Motsepe, qui a parlé du tournoi comme « le plus grand succès commercial de l’histoire du football africain ». Le Maroc pourrait d’ailleurs organiser à nouveau la CAN dès 2028. La CAF a annoncé un changement de périodicité de l’événement : la CAN va s’aligner sur les autres tournois continentaux et aura désormais lieu tous les quatre ans plutôt que tous les deux ans. Compte tenu des délais, très serrés, elle a besoin d’un hôte fiable, déjà équipé et prêt. Le Maroc coche toutes les cases.

Le pays va enchaîner en recevant la CAN féminine, à partir du 17 mars, peut-être la Coupe du monde des clubs 2029, et évidemment la Coupe du monde 2030, pour laquelle le pays construit ce qui sera le plus grand stade de football du monde, à El Mansouria, au nord de Casablanca (115.000 places). Tous les efforts ne se concentrent cependant pas uniquement sur le ballon rond : le pays a organisé les Jeux africains en 2019 et a récemment rénové le complexe sportif Moulay-Abdellah, doté d’un stade d’athlétisme de 21.000 places, qui a accueilli une étape de la Ligue de diamant 2025. Il existe une volonté politique claire d’investir dans le sport… mais pourrait-elle se traduire par une candidature à l’organisation des Jeux olympiques ?

Les Jeux, un objectif « envisageable »

La candidature de Casablanca à l’organisation des Jeux 2028 était dans les tuyaux il y a dix ans, notamment portée par l’ancien Ministre de la Jeunesse et des Sports Moncef Belkhayat. « C’est un vrai projet qui a même été discuté avec le président du CIO (Thomas Bach) lorsqu’il est venu visiter Rabat lors de l’organisation des premiers Jeux africains de la Jeunesse (à Rabat, en 2010), expliquait-il à Sport & Société. Nous avions évoqué le sujet et clairement, il y a deux villes africaines qui sont ressorties du lot comme étant capables d’organiser les JO en 2028 ou en 2032 : Casablanca ou Durban en Afrique du Sud. » Le Maroc s’est incontestablement renforcé depuis. Il compte aussi une membre influente au CIO, Nawal El Moutawakel, vice-présidente de l’instance.

« Le Maroc envisagera à l’avenir d’accueillir les Jeux olympiques, dans le contexte de l’essor sportif majeur que connaît notre pays grâce à la vision stratégique » du roi Mohammed VI, déclarait Abdelmalek Abroun, président de la commission des infrastructures à la Fédération royale marocaine de football (FRMF), en juillet dernier. « Le stade Hassan II à Casablanca, le plus grand au monde, disposera d’un village sportif, ce qui renforcera la candidature du Royaume pour accueillir les Jeux olympiques à l’avenir. » Le CIO a clairement fait comprendre qu’il souhaitait favoriser l’organisation des Jeux sur le continent, potentiellement dès 2036 ou 2040. S’il décide de se lancer, le Maroc aura assurément une carte à jouer.