En position privilégiée pour accueillir les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2038, la Suisse rêve plus que jamais de ramener le monde chez elle, ce qui n’est plus arrivé depuis Saint-Moritz 1948. Elle a présenté les grandes lignes de son projet lundi. Un enseignement : elle porte une approche décentralisée. « Pour la première fois, ce ne serait ni une ville ni une région, mais un pays entier qui organiserait des Jeux olympiques et paralympiques. » Une manière d’inclure toute la population, et de faire profiter l’ensemble de la Suisse de ces Jeux.
De Genève à Saint-Moritz
Comme le veut la tendance, les infrastructures sportives existantes seront mises en avant au maximum, tant pour réduire les coûts que pour une question de responsabilité environnementale. En tant que pays historique des sports d’hiver, la Suisse a l’avantage d’être déjà bien équipée. Genève accueillerait le curling et le patinage de vitesse. La capitale olympique, Lausanne, recevrait le patinage artistique et le short-track. Lenzerheide retrouverait le biathlon, dont elle a accueilli les derniers Championnats du monde.
Crans-Montana (ski alpin), Engelberg (saut à ski, ski de fond, combiné nordique), Saint-Moritz/Silvaplana (ski freestyle, snowboard) et Saint-Moritz/Celerina (bobsleigh, luge, skeleton) sont aussi prévus sur la carte. Le hockey sur glace serait quant à lui dispatché entre Zurich, Zoug et Lugano. La cérémonie d’ouverture est envisagée à Lausanne, celle de clôture à Berne. Cette liste de sites correspond « à l’état actuel de la planification » et « des ajustements restent possibles », prévient le comité suisse.
Les Jeux paralympiques seraient quant à eux répartis entre Genève (curling en fauteuil roulant), Lausanne (para-hockey sur glace), Lenzerheide (para-biathlon, para-ski de fond) et Saint-Moritz (para-ski alpin, para-snowboard). Les cérémonies d’ouverture et de clôture sont prévues à Berne.
Un changement de paradigme
L’Association Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2038 table sur un budget de 2,2 milliards de francs (environ 2,3 milliards d’euros), qui reposera à 82% sur le secteur privé. 18% du financement sera public. Une étude de la Haute école de Lucerne et du cabinet de conseil international EBP estime que les Jeux 2038 pourraient « générer entre 2,75 et 3,68 milliards de francs de valeur ajoutée et créer entre 19.000 et 25.000 emplois à temps plein ».
« Dans l’histoire olympique, ce sont jusqu’ici toujours des villes ou des régions qui ont accueilli les Jeux. Le CIO a fait évoluer les règles. Et nous voulons saisir cette opportunité pour que la Suisse devienne le premier “pays hôte” de l’histoire des Jeux olympiques et paralympiques, assume Frédéric Favre, PDG de l’Association Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2038. Avec ses distances restreintes et son excellente infrastructure, notre pays est justement prédestiné pour ce changement de paradigme. »
Tout le pays est à l’unisson selon Ruth Metzler-Arnold, présidente de Swiss Olympic : « Les fédérations sportives, à la fois des sports d’hiver et d’été, olympiques et non olympiques, veulent des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2038 en Suisse. Elles reconnaissent l’impact durable qu’un tel événement peut avoir sur le sport. Rien n’a une force comparable au pouvoir d’attraction d’un grand événement sportif, qui sert de référence à toute une génération d’athlètes et inspire la population dans l’ensemble du pays, bien au-delà du sport. » Le CIO décidera de l’attribution des Jeux en 2027.

